Le Caprice d'un Barrage Narcissique
Mesdames, messieurs, bonsoir. On ouvre ce bal aquatique avec African Farming, où Aletta Pretorius et Lebogang Mashala nous apprennent une nouvelle formidable : un barrage est sur le point de céder à Mpumalanga. Mais attention, ce n’est pas n’importe quel tas de béton ! Ce chef-d'œuvre d'ingénierie s'appelle le "Senteeko Dam", ou, pour les intimes et les mégalomanes, "My Own Dam" (Mon Propre Barrage). C'est magnifique. Apparemment, l'association des propriétaires communaux de Shamile a pris le nom au pied de la lettre : "C'est mon barrage, je le garde, et je ne le répare pas". Le résultat ? Une détérioration "sévère et irréversible". Bref, "Mon Propre Barrage" a décidé de devenir "Ma Propre Catastrophe". Le Département de l'Eau et de l'Assainissement a donc poliment suggéré que l'échec était "imminent", ce qui, en langage administratif, signifie "achetez un bateau".
On enchaîne avec le Lowvelder, où le courageux Tumelo Waga Dibakwane a troqué son stylo pour un gilet de sauvetage. La situation est critique : les ingénieurs, dans une tentative désespérée de jouer à Dieu, ont passé la nuit à creuser des tranchées avec des pelleteuses pour tenter de vider la baignoire avant qu'elle ne casse. Le plan est simple : faciliter une libération "contrôlée" de l'eau. Sauf que l'eau, cet élément sournois, a décidé de sortir avec une lenteur exaspérante, transformant l'évacuation d'urgence en une attente interminable dans la boue. C'est la fin du monde, mais en slow-motion. Les agriculteurs de tabac et de noix de macadamia, qui adoraient ce barrage pour l'irrigation, vont bientôt pouvoir cultiver du riz, vu que toute la vallée risque d'être transformée en rizière géante.
Pendant ce temps, au Mail & Guardian, Sheree Bega nous rapporte les propos rassurants de Wisane Mavasa, porte-parole du département. Le diagnostic est sans appel : érosion avancée, affouillement, et instabilité structurelle. En gros, le barrage tient avec du scotch et de l'espoir. La réponse officielle est merveilleuse de bureaucratie : des "interventions d'urgence" sont en place, mais attention, ce ne sont que des "mesures temporaires de réduction des risques" qui n'empêcheront absolument pas le barrage de s'effondrer. C’est un peu comme mettre un pansement sur une jambe de bois, sauf que la jambe de bois fait 26 mètres de haut et retient 1,8 million de mètres cubes d'eau. Le conseil du jour ? "Évacuez immédiatement" et surtout, "ne visitez pas le site". Merci du conseil, on avait justement prévu un pique-nique sous la fissure.
Chez The Citizen, Enkosi Selane nous explique que la nature a un sens de l'humour douteux. On essaie de vider le barrage, mais la rivière Die Kaap continue de le remplir par l'arrière. C'est le mythe des Danaïdes, mais avec des conséquences en millions de rands. Le déversoir est tellement érodé que la dalle est "légèrement suspendue", un terme technique pour dire qu'elle joue aux équilibristes au-dessus du vide. Heureusement, si tout craque, l'impact sur le Mozambique sera "limité", ce qui est une façon diplomatique de dire : "Désolé les voisins, on vous envoie un peu d'humidité, mais vous êtes déjà inondés, donc ça ne compte pas".
Enfin, retournons chez Network News pour la cerise sur le gâteau inondé. Alors que le mur du barrage est à deux doigts de l'effondrement total et que la ville de Mbombela crie à l'évacuation, l'article tient à nous rappeler une chose essentielle. Ce reportage apocalyptique vous est offert par des humains ! Oui, "Chez Caxton, nous employons des humains pour générer des nouvelles fraîches, pas d'intervention d'IA". C'est rassurant. Si le barrage cède et que la vallée est rayée de la carte, sachez que l'article relatant votre noyade aura été tapé avec de vrais doigts humains par Tumelo Waga Dibakwane. Une catastrophe artisanale, certifiée bio et sans algorithme, tout comme ce barrage qui s'effondre à cause d'une incompétence purement humaine. Allez, à ciao bonsoir !