Bienvenue dans le cirque judiciaire le plus lent du monde
Mesdames, messieurs, bonsoir. Vous regardez l'ancêtre d'internet, mais avec plus de toits toxiques et moins de chats mignons. Ouvrons ce journal avec une nouvelle absolument stupéfiante qui nous vient tout droit de nos confrères du Sowetan. Tenez-vous bien : le procès de l'amiante, cette superproduction sud-africaine à 255 millions de rands qui dure depuis l'invention de la roue, est encore retardé ! Oui, Ace Magashule, l'homme qui murmurait à l'oreille des appels d'offres, et ses 16 copains de classe, ne seront pas jugés tout de suite. Pourquoi ? Parce que son ancienne assistante, Moroadi Cholota, a décidé de jouer les prolongations avec la Cour Constitutionnelle, transformant le tribunal de Bloemfontein en salle d'attente de la Sécu. C'est fascinant : on a dépensé un quart de milliard pour enlever de l'amiante, et la seule chose qu'on a réussi à enlever, c'est la patience des contribuables.
Passons à la logique implacable de la justice, décortiquée avec une ironie involontaire par Business Day et le Daily Maverick. C'est extraordinaire. La Cour Constitutionnelle a rendu un verdict qui ferait passer un tableau de Dali pour une photo d'identité : l'extradition de Mme Cholota depuis les États-Unis était totalement illégale. Illégale ! Le NPA (le parquet) a rempli les papiers n'importe comment, sans demander la permission au ministre, comme un stagiaire qui commande des pizzas avec la carte bleue du patron. Mais, et c'est là le génie, la Cour a dit : "C'est illégal, mais bon, maintenant que vous êtes là, asseyez-vous, on va quand même faire le procès". C'est magnifique ! C'est comme si on vous kidnappait pour aller à un anniversaire, et qu'une fois sur place, on vous disait : "Le kidnapping était nul, mais puisque vous êtes là, soufflez les bougies".
La principale intéressée, Mme Cholota, n'a pas du tout apprécié la blague. Selon IOL, elle crie au scandale et à l'humiliation nationale. Imaginez la scène : arrachée à ses études américaines, elle a été transportée enchaînée, entourée d'hommes armés, comme si c'était Hannibal Lecter en voyage scolaire. Nos amis photographes de Business Day n'ont pas manqué de noter sa "robe colorée" au tribunal, parce qu'on peut être accusée de fraude et rester coquette. Elle réclame maintenant de l'argent pour payer ses 5 millions de rands de frais d'avocats, parce que lutter pour sa liberté, ça coûte plus cher qu'une toiture neuve. Son avocat, cité par Sowetan, est confiant : "Elle marchera libre à nouveau", dit-il, probablement vers la banque.
Et que dit le grand patron, Ace Magashule ? Selon The Citizen, il est "frustré". Le pauvre chou. Il nous explique que tout ça, c'est politique, évidemment. C'est la faute à ses ennemis, à la météo, et probablement à l'alignement des planètes. Il s'inquiète pour son "image", nous dit-il. Rassurez-vous Ace, votre image est intacte : celle d'un homme qui regarde une facture de 255 millions pour des toits qui n'ont jamais été réparés. Il trouve même le moyen de se plaindre que l'État ne paie pas les frais de justice de ses co-accusés, alors qu'ils ont payé pour les "gars de l'apartheid". C'est beau, on en pleurerait presque. OFM nous rapporte qu'il remet en cause tout le système judiciaire, affirmant que l'État est capturé. C'est l'hôpital qui se moque de la charité, ou plutôt le corrompu qui se moque du juge.
Pour finir ce sketch, un petit retour à la réalité glaciale offert par Central News. Pendant que nos élites jouent au ping-pong juridique avec des procédures d'extradition et des formulaires mal remplis, 99% des toits en amiante sont toujours là. Oui, vous avez bien entendu. Sur 33 000 maisons, on en a traité... 271. Bravo ! À ce rythme-là, le Free State sera décontaminé en l'an 3025. Le montant total du gaspillage est de 255 millions, et maintenant, il faudrait 3 milliards de plus pour finir le travail. Mais ne vous inquiétez pas, le procès reprendra le 2 mars 2026, ou peut-être en 2030, si le NPA apprend d'ici là à remplir correctement un formulaire d'extradition. Allez, à ciao bonsoir !