Mesdames, messieurs, bonsoir. Vous regardez l’information, ou ce qu’il en reste après qu’Herman Mashaba soit passé par là avec son aspirateur à micro-partis. La nouvelle est tombée comme un soufflé raté : ActionSA a annoncé une fusion spectaculaire avec deux géants de la politique mondiale... ou plutôt, deux associations de quartier dont vous n'avez probablement jamais entendu parler. Oui, ActionSA s'unit avec le Azanian Independent Community Movement (AICM) et le Creative Congress Movement (CCM).
L'objectif ? Sauver l'univers, ou plus modestement, essayer de faire oublier le score humiliant de 1,2 % aux élections générales de 2024. Monsieur Mashaba appelle cela le projet "Green Umbrella" (Parapluie Vert). Une image forte ! Car quand il pleut des échecs électoraux, mieux vaut avoir un pépin, même s'il est rapiécé avec des bouts de scotch trouvés dans le Nord-Ouest. Selon Polity.org.za, cette coalition formidable permet à ActionSA de passer de 91 à 141 élus locaux. Tremblez, grandes puissances, l'armée des 141 est en marche !
Mais attention, ne riez pas trop vite, car la riposte est piquante. Lerato Ngobeni, la porte-parole d'ActionSA, a sorti l'artillerie lourde en métaphore entomologique. Interrogée sur la taille ridicule de ces nouveaux alliés, elle a déclaré : "Si vous pensez que vous êtes trop petit pour faire la différence, c'est que vous n'avez jamais passé la nuit avec un moustique".
Vous avez bien entendu. La stratégie officielle d'ActionSA est désormais de devenir l'insecte le plus agaçant de la chambre à coucher de l'ANC. "Nous piquerons jusqu'à obtenir les résultats espérés", a-t-elle ajouté. Une ambition formidable : transformer la politique sud-africaine en une immense crise d'urticaire. Pendant ce temps, Michael Beaumont, le président national, joue les divas. Il a snobé les autres petits partis comme RISE Mzansi et BOSA, affirmant qu'ils n'ont même pas "deux conseillers à frotter l'un contre l'autre" pour faire une étincelle. Apparemment, chez ActionSA, on ne se mélange pas avec les moustiques qui ne piquent pas assez fort.
Sans transition, passons à la culture. Car oui, Herman Mashaba est un mécène. En absorbant le Creative Congress Movement, un groupe qui n'a jamais participé à une élection et qui n'est même pas enregistré, ActionSA promet de "définir et défendre les intérêts des créatifs".
Imaginez le tableau dépeint par The Citizen : Mashaba rêve de reprendre Johannesburg pour pouvoir "vivre dans un appartement du centre-ville et marcher jusqu'au théâtre avec sa femme". C'est beau, c'est touchant, c'est presque du Victor Hugo. Il a déclaré que le gouvernement actuel a détruit l'industrie des arts et que le Parapluie Vert va la ressusciter. Bientôt, les conseils municipaux se feront en chantant, les budgets seront votés en alexandrins, et les nids-de-poule seront comblés par des installations d'art contemporain. Le Creatives Congress Movement s'est d'ailleurs dit ravi d'éviter "le processus fastidieux d'enregistrement". C'est vrai, pourquoi s'embêter avec la légalité et les formulaires quand on peut juste sauter sous le parapluie de papa Herman ?
Enfin, terminons sur la haute stratégie militaire. Après avoir tenté d'être partout à la fois, ActionSA a décidé d'adopter une nouvelle approche révolutionnaire pour 2026 : ne se présenter que là où ils ont une chance. C'est ce qu'on appelle en langage marketing "la qualité sur la quantité", et en langage courant "la retraite stratégique".
Mashaba a avoué à Joburg ETC : "Nous avons fait une erreur en essayant d'être tout pour tout le monde". Désormais, ils vont se concentrer sur Johannesburg, Ekurhuleni et Tshwane. C'est brillant. Si vous ne pouvez pas gagner la course, changez la ligne d'arrivée. Avec ses 30 conseillers dans le Nord-Ouest et sa récente victoire "historique" dans le Ward 7 (une victoire que Mashaba célèbre comme s'il avait marché sur la Lune), le Parapluie Vert espère conquérir le monde, un quartier rural à la fois. Comme le dit si bien Herman : "Ceci n'est que le début". Le début de quoi ? De la fin ou d'une pièce de théâtre expérimental ? L'avenir nous le dira. À tchao bonsoir !