Bonsoir à tous. Ouvrons ce journal avec une nouvelle rassurante en provenance de SABC News. Le président Cyril Ramaphosa, cet homme d'action fulgurante, a déclaré qu'il "attendait un rapport". Oui, encore un. Apparemment, des bulletins de vote de l'ANC se baladent dans la nature, mais Cyril ne bouge pas un cil avant d'avoir reçu son PDF de 400 pages. C'est la procédure standard : d'abord le scandale, ensuite le "Lekgotla", et enfin la promesse que l'incompétence sera punie... un jour, peut-être, si le rapport le permet. Comme il le dit si bien, la responsabilité est "non-négociable", sauf si on est fatigué, auquel cas on attendra mardi pour envoyer le mémo aux structures du parti. La mise en œuvre, c'est pour 2026, le temps que l'encre sèche.
Pendant que le Président attend son email, The Star et Joburg ETC nous emmènent faire du tourisme rural à Pretoria. Oubliez les urnes sécurisées et les scellés, la nouvelle mode démocratique, c'est le sac poubelle noir au fond du jardin. La police a découvert des piles de bulletins de la conférence régionale de Johannesburg abandonnés tranquillement dans un potager privé. C'est écologique, c'est le "re-vote" compostable ! Les officiels de l'ANC étaient sous le choc, affirmant qu'un jardin n'est pas "sur la liste" des lieux de stockage approuvés. Évidemment, la maison appartient à la propriétaire de l'agence électorale. C'est pratique : on vote, on compte, et hop, on plante des tomates par-dessus pour fertiliser les résultats.
Mais l'histoire devient une farce policière grâce au Sowetan. Le secrétaire général Fikile Mbalula, dans un élan de lucidité, a demandé à la police d'enquêter. Il veut tout saisir : les urnes, les listes, les sacs poubelle ! Sauf que... le Sunday Times nous apprend que l'ANC du Gauteng a gentiment répondu : "Non merci, ça va aller". Ils préfèrent une "résolution interne". Traduction : on va s'enfermer dans une pièce, se raconter des histoires et décider qu'il n'y a rien à voir. Le porte-parole Mzi Khumalo explique avec un sérieux papal qu'il faut d'abord vérifier la "véracité" des allégations avant d'appeler le 17. C'est vrai, quoi, peut-être que ces bulletins ont poussé naturellement dans le jardin ?
Et qui crie au scandale pendant ce temps ? C'est Dada Morero, le maire déchu, qui pleurniche dans les colonnes du Sunday Times. Il a découvert, oh surprise, que l'agence électorale qui a organisé sa défaite appartient à une dame qui travaille... pour la municipalité !. Et pas n'importe où : dans le bureau de la gagnante, Loyiso Masuku. C'est magnifique ! C'est ce qu'on appelle un circuit court : "Bonjour chef, je compte vos voix le matin, et je tape vos mémos l'après-midi". Morero parle de conflit d'intérêts, mais l'agence répond que la directrice a démissionné en 2021... enfin, sur le papier. Mbalula, lui, assure qu'il n'y a "pas de crise", juste un petit "mishap" pour la parité des genres. Un "mishap" qui ressemble étrangement à du trucage, mais passons.
Pour conclure ce cirque, Central News nous offre le communiqué surréaliste de la Ligue de Jeunesse de l'ANC. Pour eux, trouver des bulletins volés, c'est de la "désinformation" et du "journalisme de caniveau". Ils sont formels : la conférence était parfaite, démocratique et pure comme de l'eau de roche. Quiconque ose poser des questions est un "individu mécontent" qui insulte la discipline du parti. Ils demandent à tout le monde de se calmer et de respecter les résultats. Après tout, si la démocratie a décidé de finir dans un sac plastique à Pretoria, qui sommes-nous pour juger ? À vous les studios !