La Grande Croisade du Balai : Quand Yaoundé contre-attaque (avec des râteaux)

L’Apocalypse selon Saint-Ordure

Mesdames, messieurs, bonsoir. Vous pensiez que la guerre du futur se ferait avec des lasers et des drones ? Erreur ! Au Cameroun, la Troisième Guerre Mondiale a commencé, et elle oppose l'État à son ennemi juré : la peau de banane. Selon nos confrères de RFI, qui ont mis leurs masques à gaz pour l'occasion, Yaoundé n'est plus une ville, c'est une décharge à ciel ouvert où les habitants organisent des barbecues de plastique faute de camions-bennes. La situation est si critique que les ordures ont commencé à coloniser les quartiers, prenant probablement le contrôle de certains carrefours stratégiques.

L’Arme fatale du Président : L’Opération « Brouette Magique »

Mais rassurez-vous, le gouvernement veille ! Le général en chef de cette offensive, le ministre Paul Atanga Nji, a dévoilé l'arme secrète issue des « Hautes Instructions » présidentielles. Est-ce un incinérateur nucléaire ? Une flotte de robots nettoyeurs ? Non, c'est beaucoup plus technologique : 700 brouettes et des balais en paille ! Oui, vous avez bien entendu. Comme le rapporte StopBlaBlaCam avec un sérieux qui force le respect, pour nettoyer une capitale de plusieurs millions d'habitants, l'État a déployé la puissance de feu de 100 râteaux par commune. C'est ce que Actu Cameroun appelle un « geste fort » du Président Paul Biya. Tremblez, papiers gras, car la 7ème Compagnie du Balai Manche-Long est en marche !

Marche ou Crève (avec ta poubelle)

Et si la technologie de pointe de la brouette ne suffit pas, le ministre a une autre solution : la menace. Actu Cameroun nous apprend que le nouveau sport national sera la randonnée d'ordures. Le ministre a été clair : si vous ne trouvez pas de poubelle, c'est que vous ne cherchez pas assez loin. Vous devez désormais marcher 100, 200, voire 500 mètres avec vos déchets sous le bras. C'est une question de « discipline collective ». Et attention, si vous lâchez votre sac avant la ligne d'arrivée, c'est la prison. Bientôt aux Jeux Olympiques : le 400 mètres haies avec sac poubelle fermentescible.

À Douala, on ne balaie pas, on arrête les oignonsendant ce temps, dans la capitale économique, on ne fait pas dans la dentelle. Cameroon Tribune nous raconte une épopée héroïque où la police municipale a lancé un assaut contre... les vendeurs de fruits. Au marché Dakar, les forces de l'ordre ont sécurisé le périmètre contre les oignons et les tubercules qui menaçaient la sécurité de l'État. Mais ce n'est pas tout ! Pour gérer les ordures, la Communauté Urbaine de Douala a eu une idée de génie rapportée par Investir au Cameroun : dépenser 4,6 milliards de francs CFA non pas pour ramasser les ordures, mais pour payer des bureaux d'études qui vont regarder les autres ramasser les ordures. C'est ce qu'on appelle la sous-traitance du regard.

La Feuille de Route qui mène nulle part

Pendant que les brouettes couinent et que les policiers arrêtent les ananas, l'administration, elle, produit du papier. Actu Cameroun a déterré une « feuille de route » issue des États généraux, sortie avec à peine 8 mois de retard. Le plan est d'une simplicité biblique : créer des comités, qui créeront des groupes de travail, pour réfléchir à la création d'un compte spécial. L'objectif ? Mettre en place un système statistique en 2026 pour compter les ordures. C'est rassurant : on ne ramassera peut-être pas les déchets, mais on saura exactement combien il y en a.

Le Clou du Spectacle : La Plateforme Invisible

Enfin, pour couronner cette stratégie intergalactique, le ministère de l’Habitat a inauguré ce que Actu Cameroun décrit comme la huitième merveille du monde : la « Plateforme de regroupement des déchets d’Olembé ». Une infrastructure grandiose qui consiste essentiellement... à désigner un endroit où l'on a le droit de jeter ce que les 700 brouettes n'auront pas pu transporter. La boucle est bouclée : des balais sans balayeurs, des milliards pour des contrôleurs, et des citoyens qui font du trekking avec leurs poubelles. Le Cameroun est propre, circulez, il n'y a rien à voir (sauf les ordures) !