Bienvenue en 2026, l'année où le bitume est virtuel et la dette bien réelle !
Mesdames, messieurs, bonsoir ! Ici votre serviteur, directement depuis le "Continent" camerounais, où la magie opère non pas dans les forêts sacrées, mais dans les fichiers Excel du Ministère des Travaux Publics ! Nous sommes en 2026, l'année de l'Emergence... de la poussière. Accrochez vos ceintures, ou plutôt, resserrez vos boulons, car nous partons pour un safari sur les routes les plus chères et les moins visibles de la planète.
On ouvre le bal avec une nouvelle qui va faire trembler le bitume... s'il existait. Notre infatigable Ministre des Travaux Publics, le grand architecte des maquettes, Emmanuel Nganou Djoumessi, a sorti sa calculatrice scientifique. Selon nos amis très sérieux de News du Cameroun et Investir au Cameroun, le Ministre a promis, main sur le cœur et budget sur la table (enfin, sous la table), de livrer exactement 475,9 km de nouvelles routes en 2026,.
Notez la précision chirurgicale du ",9". Ce n'est pas 475 km, non, c'est 475 virgule neuf ! Ce dernier 900 mètres, c'est sûrement l'entrée de sa propre résidence, le seul tronçon qui sera fini à temps. Dans sa lettre au Premier Ministre, qui doit commencer par "Cher Papa Noël", il promet aussi d'entretenir 5 222 km de routes en terre,. En gros, il promet de regarder la pluie tomber sur la boue et d'appeler ça de "l'entretien confortatif". C'est beau, c'est poétique, c'est du Nganou tout craché.
Mais attention, le spectacle ne s'arrête pas là ! Comme dans tout bon film d'action de Nollywood, il faut un méchant. Et pour Nganou Djoumessi, le méchant, c'est l'Argentier national, Louis Paul Motaze. Selon le reporter de guerre d'Actu Cameroun, Armand Djaleu, Nganou pleure toutes les larmes de son corps : "Je veux construire, mais Motaze a gardé la clé du coffre-fort !",.
C'est hilarant ! On nous dit que sur 60 milliards votés par l'Assemblée (qui vote apparemment pour le fun), Motaze n'a lâché que 35 petits milliards. Pourquoi ? Parce qu'il faut payer les fonctionnaires et rembourser la dette ! Quelle idée saugrenue de vouloir payer les gens ! Albin Njilo, un analyste qui a visiblement mangé du lion, nous rappelle que ce même Motaze, qui cherche aujourd'hui des pièces jaunes pour les salaires, est celui qui a fait passer la dette de 900 milliards à 12 000 milliards. C'est ce qu'on appelle un magicien : il transforme l'or en plomb. Entre les éléphants blancs et les projets ratés comme Mbalam ou l'usine de tracteurs d'Ebolowa, on se demande s'ils ne construisent pas des routes vers le néant.
Pendant que les ministres jouent au ping-pong avec nos milliards, sur le terrain, c'est la comédie musicale. Parlons de l'Autoroute Yaoundé-Douala, Phase 2. Ah, cette autoroute... nos petits-enfants la verront peut-être en hologramme. Actu Cameroun et la plume acérée de Liliane Ndangue nous informent qu'on a viré 170 millions de FCFA pour "libérer les emprises",.
170 millions pour dire aux populations : "Pardon, poussez-vous, le progrès arrive... un jour". C'est pour payer les bananiers et les ancêtres qui refusent de déménager. L'entreprise chinoise CFHEC a fait le virement à la Caisse Autonome d'Amortissement. C'est magnifique ! On indemnise les gens par anticipation pour une route dont on cherche encore l'argent auprès de la Standard Chartered Bank. C'est comme acheter les meubles avant d'avoir construit la maison. Mais bon, on nous dit que c'est pour un "héritage en lettres d'or". Pour l'instant, c'est surtout un héritage en lettres de créances impayées.
Et pour finir en beauté, sortons la calculette de l'horreur. Pourquoi nos routes sont-elles si timides ? Parce qu'elles coûtent plus cher que du caviar ! Actu Cameroun nous sort les dossiers : le kilomètre d'autoroute au Cameroun, c'est du luxe, mes amis. On est passé de 4 milliards le km à plus de 9 milliards le km pour la phase 2 !,.
Comparons ce qui est comparable, ou plutôt ce qui est humiliant. En Côte d'Ivoire, ils lancent 96 km d'autoroute en 2019 et ils livrent en 2023. Chez nous, on lance en 2014, on modifie les plans, on se fâche avec les Chinois, on réduit la vitesse, on augmente le prix, et en 2035, on sera encore en train de couper le ruban de l'étude de faisabilité. Comme le dit si bien le journaliste : à ce rythme, l'autoroute Yaoundé-Douala aura coûté 2 000 milliards et sera livrée quand les voitures voleront.
Voilà, chers contribuables ! En 2026, on a des promesses en béton armé et des routes en papier mâché. N'oubliez pas, au Cameroun, l'important ce n'est pas la destination, c'est la facture !
À vous les studios !