Bienvenue dans ce merveilleux monde où l’éducation nationale gabonaise a décidé de tester un concept révolutionnaire : l’école sans élèves et sans profs, mais avec beaucoup de ministres qui s'agitent. Selon nos confrères de Lebrief, la situation est simple : les enseignants de « SOS Éducation » ont décidé que le dialogue, c’est bien, mais que le dialogue sans aller en prison, c’est mieux. Ils ont ouvert la porte, mais ont laissé la chaîne de sécurité : pas de cours tant que leurs copains syndicalistes, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, jouaient aux dominos en cellule. C’est ce qu’on appelle une négociation « pédagogique » : « Tu libères mes potes, je reprends la craie ».
Pendant ce temps, Gabonreview nous apprend que la ministre Camélia Ntoutoume Leclercq, sentant l’odeur du roussi (et de l’année blanche), a sorti la calculatrice de l’apocalypse. Elle nous parle de « seuil critique » et de l’UNESCO qui nous regarde avec des jumelles. Apparemment, l’objectif est de sauver le baccalauréat, ce qui, vu le taux de remplissage des classes, relève plus du miracle biblique que de la politique publique. Elle appelle à un « sursaut patriotique ». Traduction : « S’il vous plaît, revenez, sinon je vais devoir passer le bac à votre place ».
Prison Break : Version Syndicale (ou comment sortir de prison pour mieux y retourner)
Ah, la justice ! Cette machine bien huilée qui arrête des retraités pour « trouble à l’ordre public » parce qu’ils ont osé dire que les profs avaient faim. Gabon Media Time nous annonce en fanfare que nos deux héros, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, sont enfin libres !... Enfin, « provisoirement » libres. C’est comme une récréation, mais judiciaire. On vous laisse sortir, mais gardez votre pyjama rayé à portée de main, on ne sait jamais.
Le site Gabonreview enfonce le clou en qualifiant Simon Ndong Edzo de « relique vivante » qui dérange le pouvoir. Une relique ? Le monsieur est devenu le « Che Guevara » des salles de classe vides. C'est magnifique : on arrête des papys pour calmer la grève, et surprise, ça énerve encore plus tout le monde. Une stratégie brillante validée par TV5MONDE, qui confirme que cette méthode a transformé une grève en blocage total. C'est ce qu'on appelle jeter de l'huile sur le feu, ou plutôt, jeter des syndicalistes dans le panier à salade pour éteindre l'incendie.
Le Bal des Médiateurs : Qui veut gagner des millions (de problèmes) ?
C’est la foire aux médiateurs ! Gabon Media Time nous raconte l’épopée fantastique de Pierre Mintsa et Georges Mpaga à Port-Gentil. Ils sont arrivés en sauveurs, ils sont repartis en sprinteurs. Les enseignants les ont accueillis avec autant de chaleur qu'un inspecteur des impôts un lundi matin. Désavoués, chassés, humiliés… L’Union rapporte qu’ils ont échoué « lamentablement ». Apparemment, être une figure de la société civile ne suffit plus, il faut aussi être crédible. Dur.
Heureusement, Infos Gabon nous rassure : Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, le « pompier social » désigné par le Président, a eu plus de chance. Il a été accepté par la « base » de SOS Éducation. Sa mission ? Expliquer que l’argent n’existe pas, mais qu’il faut quand même travailler. Il leur a dit de « hiérarchiser » leurs demandes. En gros : « Choisissez entre manger ce mois-ci ou le mois prochain ». Une pédagogie financière de haut vol.
L’Inspection Générale contre les Fantômes
Et comme le ridicule ne tue pas, le ministère a décidé de lancer l’opération « Sherlock Holmes ». Gabon Media Time nous révèle que des inspecteurs ont été envoyés sur le terrain pour… vérifier que les classes sont vides. Une mission palpitante ! Ils doivent « contrôler la présence effective » dans des écoles désertes. On imagine le rapport : « Salle 12 : 0 élève, 0 prof, 3 araignées. Situation stable ». C’est ce que Modérateur 2 appelle un « constat mitigé » où les élèves viennent juste pour « observer » le vide. On ne sait pas ce qu'ils inspectent, peut-être la qualité de la poussière sur les bureaux ?
Le Mot de la Fin (ou du Faim)
Pendant que tout ce petit monde s'agite, Albert Ondo Ossa, cité par Gabonreview, regarde ça depuis sa fenêtre en criant au « putschiste incompétent » et à l « État voyou ». Il propose de « reformater » le pays, comme on reformate un vieux PC Windows 95 qui a pris un virus. Et Infos Gabon, toujours optimiste, nous parle des 296 écoles construites et des 10 000 enseignants régularisés… en 2026. C’est beau comme une promesse électorale : l’école sera géniale, juste après que vous ayez tous raté votre année.
Allez, à ciao bonsoir, et n'oubliez pas : au Gabon, l'école est gratuite, mais pour l'instant, elle est surtout imaginaire !