Flash Spécial : La Guerre Froide du Hip-Hop se réchauffe (ou pas)
Bonsoir à tous. On ouvre ce journal avec le conflit qui fait trembler les chancelleries occidentales, bien plus grave que la fonte des glaces ou l’inflation du beurre : la guerre thermonucléaire entre AAPRockyetDrake.Selonlesanalystesg e ˊ opolitiquesde∗∗CULTURAP∗∗,AAP Rocky a enfin décidé de sortir de sa léthargie de huit ans pour lâcher son album au titre hautement philosophique : « Don’t Be Dumb » (Ne sois pas débile). Apparemment, la stratégie militaire de Rocky consiste à piquer Drake avec une subtilité digne d’un bulldozer dans un magasin de porcelaine, l’accusant d’avoir volé son « flow » avant que Rocky ne vole sa copine en représailles. C’est ce qu’on appelle, en langage diplomatique, le niveau zéro de la cour de récréation.
Mais attention, ne nous emballons pas. Comme nous l’explique Gentsu, qui a visiblement décortiqué la psyché du rappeur, Rocky tient à préciser les nuances de sa haine. Dans une interview qui restera dans les annales de la contradiction, il affirme : « C’est pas vraiment la guerre, mais je le déteste »,. C’est magnifique. C’est un peu comme dire « Je ne suis pas pyromane, j’aime juste voir les maisons brûler ». Il semblerait que tout cela tourne autour de filles et de jalousie mal placée, parce qu’à bientôt quarante ans, ces messieurs en sont encore à se tirer les nattes pour savoir qui aura le plus gros biscuit à la cantine.
Pendant que les deux coqs se crêpent le chignon, la presse intellectuelle tente de trouver un sens à tout ça. Nos amis québécois du journal Le Devoir ont écouté l’album et leur verdict est d’une tiédeur polaire : « C’est très bon, OK… mais pas épatant ». Voilà, c’est dit. Huit ans d’attente pour se faire dire « C’est correct, sans plus » par une collaboratrice montréalaise, ça doit faire mal à l’ego. De son côté, Courrier International essaie de nous vendre du rêve en nous parlant d’une « aura sensuelle et brute » et d’un « éclectisme » qui mélange le rock, le folk et probablement la musique d’ascenseur. Bref, c’est de l’art, c’est profond, surtout quand on porte du Chanel entre deux insultes.
Et parce que ce cirque n’était pas assez absurde, voilà que Hollywood s’en mêle. Selon les enquêteurs d’ActuaNews, A$AP Rocky a réussi à sortir Tim Burton de sa crypte. Oui, le Tim Burton d’Edward aux mains d’argent. Il a conçu des monstres pour le clip, avec des noms charmants comme « Shirthead » (Tête de… chemise ?) et « Gr1m ». On imagine la scène : Tim Burton dessinant des petits bonhommes gothiques pendant que Rocky lui explique comment clasher Drake en rimes riches. C’est la rencontre de deux imaginaires, ou surtout la rencontre d’un carnet de chèques et d’un réalisateur qui s’ennuyait ferme,.
Mais l’information capitale, celle qui va paralyser le périphérique, nous vient de Paris Secret. Le messie de Harlem sera en concert à l’Accor Arena… en septembre 2026. Oui, vous avez bien entendu, 2026. Il faut réserver ses places deux ans à l’avance, comme pour une place en crèche ou un rendez-vous chez l’ophtalmo. Les préventes sont une course d’obstacles organisée par Mastercard, où il faut probablement donner un rein et son code secret pour espérer voir Rocky de loin. Generations nous prévient : dépêchez-vous, car il risque d’y avoir du monde pour voir si Rocky a encore du souffle après huit ans de congé paternité.
Et au milieu de ce champ de bataille testostéroné, que fait Rihanna ? Selon Gentsu, elle rigole. Elle était à la soirée d’écoute et elle a validé les insultes envers son ex, Drake, avec un enthousiasme non dissimulé. Pendant que ses deux prétendants se battent à coup de punchlines pour savoir qui a « volé le style » de l’autre, elle continue de gérer son empire milliardaire. Finalement, dans cette histoire de « Don’t Be Dumb », on sait très bien qui est la seule personne intelligente.
A vous les studios.