Bonsoir à tous, et bienvenue dans ce monde merveilleux où la stratégie militaire rencontre la gastronomie de rue ! Nous ouvrons ce journal avec une révélation fracassante de nos confrères de GhanaWeb. Le chef d'état-major de la Défense, le Lieutenant-général William Agyapong, a eu une illumination divine : pourquoi acheter des munitions quand on peut vendre du pain ?
Oui, vous avez bien entendu. L'armée ghanéenne (GAF) se lance officiellement dans la "production de kenkey", l'élevage de poulets et la fabrication de parpaings. Selon le Général, il s'agit de "générer des ressources internes". On imagine déjà le slogan de recrutement : "Engagez-vous, vous apprendrez à pétrir la pâte avant de pétrir l'ennemi !" C'est ce qu'on appelle une force de frappe... culinaire,. L'objectif ? L'autosuffisance. Bientôt, les chars d'assaut serviront probablement à livrer les commandes Uber Eats dans tout Accra.
Pendant que nos soldats s'entraînent au concours Top Chef, le Président John Mahama, cité par MyJoyOnline, nous assure que tout va bien dans le nord. Bawku est calme, nous dit-on, grâce à des opérations aux noms terrifiants comme "Opération Gong Gong" et "Opération Maiada Buuri".
Le Président félicite le "professionnalisme" des troupes qui, entre deux fournées de pain, ont réussi à maintenir une "stabilité relative",. Il paraît que le simple son du "Gong Gong" suffit désormais à faire fuir les insurgés, terrifiés à l'idée d'être forcés d'acheter les parpaings fabriqués par l'infanterie,. Mahama insiste : le Ghana reste un "phare de stabilité", probablement parce que personne n'ose attaquer une armée armée de boules de maïs fermenté.
Mais attention, l'argent ne pousse pas que dans les champs de maïs du Général Agyapong. Raymond Arthur, notre ami de Graphic Online, nous apprend qu'il y a un petit trou dans la caisse : plus d'un milliard de cedis d'arriérés de gratifications pour les retraités. Oups.
C'est la faute à qui ? Au "CI 129", un instrument constitutionnel de 2020 qui a promis la lune sans avoir la fusée pour y aller,. Le Président Mahama, en grand prince lors de la fête de la WASSA, a ordonné au ministre des Finances de sortir le chéquier magique. "Payez-les !" a-t-il crié, promettant que l'argent pour les promos 1995 et 1996 allait tomber du ciel (ou du budget, ce qui est encore plus rare). Dr Cassiel Ato Forson, ministre des Finances et de la Défense par intérim (parce qu'un seul boulot c'est pour les faibles), a juré que le gouvernement allait régler ça de manière "compassionnelle". Traduction : "On va payer, mais ne dépensez pas tout en médicaments d'un coup."
Passons à l'immobilier avec CitiNewsroom et MyJoyOnline qui nous décrivent un Mahama frénétique, une truelle à la main, coupant du gazon pour lancer la construction de 2 000 logements,. Mais attention, fini les petites maisons ! On passe aux "structures résidentielles de grande hauteur".
L'idée est de "libérer de l'espace" à Burma Camp. On va donc empiler les soldats les uns sur les autres dans des tours modernes. C'est le projet de "régénération des casernes". Avec un déficit de 14 000 logements, il va falloir construire vite. Heureusement, rappelez-vous, l'armée fabrique maintenant ses propres parpaings ! La boucle est bouclée, c'est du génie logistique. Et pour financer le début ? Une "collecte de fonds d'entraide" en avril. En gros, les soldats vont cotiser pour construire leurs propres HLM.
Mais ne croyez pas que l'armée ne fait que du ciment et du poulet. GNA et l'intrépide Iddi Yire nous informent que le Président a des goûts de luxe. On annonce l'achat de drones stratégiques, de blindés, et... tenez-vous bien... d'un "nouvel avion exécutif" pour les voyages officiels,.
Pendant que les soldats attendent leurs arriérés, le gouvernement va acheter un jet pour les "cadres voyageurs, y compris moi-même", précise Mahama avec une honnêteté désarmante,. Mais ce n'est pas tout ! On va installer un "Centre de Guerre Cybernétique et Électronique" à Tamale. Oui, à Tamale. Ce centre aura une "capacité d'assaut". On imagine les hackers ghanéens lancer des attaques virales tout en surveillant la cuisson du kenkey par drone interposé. C'est le Wakanda, mais avec plus de farine.
Enfin, terminons cette revue de presse par le sport, car c'est là que se gagnent les galons. MyJoyOnline nous rapporte que pour monter en grade dans l'armée ghanéenne, il suffit de taper fort ou de nager loin.
Le Général Agyapong a promu le Caporal Jeremy Nii Lartey pour avoir "donné une sacrée raclée" à un Philippin sur un ring de boxe,. "Je l'ai vu moi-même, il l'a bien amoché", s'est réjoui le Président, visiblement fan de diplomatie musclée. De l'autre côté, la matelot Akutor Sarah Precious a été promue pour avoir nagé trois kilomètres. La morale de l'histoire ? Si vous voulez devenir général, oubliez l'école de guerre, mettez vos gants de boxe ou votre maillot de bain.
C'était l'actualité vue par le prisme de l'absurde, mais n'oubliez pas : tout ceci est "officiellement" sérieux. À demain, si le cyber-centre de Tamale ne nous a pas déconnectés !