Le Miracle Économique Ghanéen : Quand Dieu Remplace le FMI au Ministère des Finances

Le Président Sorcier Malgré Lui et la Magie du Cedi

Mesdames, messieurs, bonsoir. Bienvenue dans la quatrième dimension économique, celle où un président réussit sans même le faire exprès ! Selon nos confrères ébahis de Yen.com.gh, le Président John Dramani Mahama est le premier chef d'État au monde à convoquer une conférence de presse pour dire : « Je n'en ai aucune idée, c'est Dieu qui a géré ! ». Oui, vous avez bien entendu, l'inflation a chuté de 23,8 % à 5,4 % en un an, le Cedi a pris 37 % de muscles face au dollar, et la seule explication politique du gouvernement, c'est « Ebenezer, jusqu'ici l'Éternel nous a secourus »,.

C'est absolument fabuleux. Le Président avoue candidement qu'il pensait qu'il faudrait deux ans pour sortir la tête de l'eau, mais apparemment, le Tout-Puissant est un excellent gestionnaire de fonds spéculatifs,. Comme le rapporte Modern Ghana, Mahama est tellement choqué par sa propre réussite qu'il affirme que même les costards-cravates du FMI et de la Banque Mondiale n'en croient pas leurs yeux. Le Ghana est devenu le « Poster Boy » du FMI, ce qui, en langage diplomatique, signifie l'élève qui a triché à l'examen mais que le prof félicite quand même.

L'Opposition en Deuil : « C'est Pas Juste, l'Économie Va Bien ! »

Pendant que le gouvernement organise des messes d'action de grâce pour remercier le Ciel de la baisse des taux d'intérêt, l'opposition, elle, tire une tête de six pieds de long. C'est le monde à l'envers sur GhanaWeb ! La Minorité parlementaire, dirigée par Alexander Afenyo-Markin, est furieuse... que le pays aille mieux. Leur argumentaire est un chef-d'œuvre de mauvaise foi comique : « Attention, ne croyez pas que le gouvernement est compétent ! Si l'inflation baisse, c'est la faute du FMI, c'est la faute des exportations, c'est la faute de tout le monde sauf Mahama ! »,.

Selon la Minorité, ce n'est pas une « réingénierie » de l'économie, c'est juste un coup de chance monumental assisté par des facteurs externes. Ils sont là, à crier au scandale parce que le gouvernement a réduit les dépenses et restructuré la dette, comme si c'était une insulte à l'intelligence nationale. De l'autre côté, la Majorité parlementaire, citée par 3News, réplique en mode « C'est celui qui dit qui y est », rappelant gentiment que l'administration précédente avait laissé le pays dans un état proche de l'apocalypse financière,. Ambiance cour de récréation, mais avec des milliards de dollars.

Le FMI Joue les Rabat-Joie : « Calmez-vous avec les Eurobonds ! »

Au milieu de cette bataille de chiffonniers mystiques, le FMI débarque pour casser l'ambiance. Abebe Aemro Selassie, le directeur Afrique du FMI qui doit se sentir comme le seul adulte dans la pièce, a déclaré sur CitiNewsroom : « Arrêtez la hype avec les Eurobonds ! ». Apparemment, le gouvernement ghanéen est un peu trop excité à l'idée d'emprunter sur les marchés internationaux, et le FMI est obligé de leur rappeler que s'endetter en dollars quand on est fragile, c'est comme jouer à la roulette russe avec un pistolet automatique.

Mais attention, M. Selassie n'est pas venu que pour gronder. Dans un élan de générosité rapporté par MyJoyOnline, il admet que les Ghanéens ont de l'électricité presque tout le temps maintenant (90 % d'accès, contre 30 % il y a 20 ans), ce qui est pratique pour voir les factures augmenter. Il précise quand même que ce progrès est dû « aux Ghanéens » et pas au FMI, une façon polie de dire « ne nous blâmez pas quand ça redescendra ».

La Voix de la Raison (et celle du Business)

Enfin, pour tenter de donner un vernis de sérieux à ce cirque, la Vice-Présidente, Professeur Naana Jane Opoku-Agyemang, essaie d'expliquer aux fonctionnaires du FMI que le Ghana veut une « relation évoluée ». Selon Graphic Online, elle tente de convaincre tout le monde que ce n'est pas que de la chance, mais des réformes courageuses. Elle parle d'optimisme prudent, ce qui contraste avec le Président qui est prêt à canoniser son ministre des Finances.

Et pour conclure cette saga, un certain Alhaji Seidu Agongo écrit dans le DailyGuide Network pour rappeler que c'est bien gentil les chiffres macroéconomiques et les miracles divins, mais que les jeunes ont besoin de boulot. Il explique que les fondations c'est bien, mais qu'on ne peut pas manger des fondations en béton. Il réclame des emplois, de l'agro-business et la fin du chômage, prouvant qu'il y a au moins une personne au Ghana qui ne compte pas uniquement sur la prière pour payer son loyer.