La diplomatie du robinet : "On s'est boudés, maintenant on creuse"
Bonsoir à tous ! Vous pensiez que l'amour était mort au Sahel ? Que nenni ! C'est le grand retour de la flamme entre l'Algérie et le Niger. Badreddine Khris, notre expert en rabibochage chez TSA, nous apprend qu'Alger "renoue" avec Niamey. Moins d'un an après s'être regardés en chiens de faïence, le ministre algérien Mohamed Arkab débarque ce lundi 26 janvier avec ses gros sabots et, surtout, ses gros tuyaux. Au menu de ce dîner aux chandelles : le gazoduc transsaharien et le champ pétrolier de Kafra. Parce que oui, on peut se traiter de tous les noms, mais quand il s'agit de forer des trous dans le désert pour sortir des pétrodollars, la rancune s'évapore plus vite que l'essence au soleil. Arkab n'est pas venu pour faire du tourisme, il est là pour "examiner les derniers développements", ce qui, en langage diplomatique, signifie : "Est-ce que ça coule ou est-ce qu'on perd de l'argent ?".
Je t'aime, moi non plus (mais surtout, signe le chèque)
Et pourtant, c'était mal parti ! La Nouvelle Tribune nous rappelle que c'était la guerre froide — ou plutôt chaude, vu le climat. Depuis avril 2025, c'était la foire d'empoigne : crise avec l'Alliance des États du Sahel, drones abattus, ambassadeurs rappelés à la niche... une ambiance de fin de soirée arrosée qui tourne mal. Mais voilà, comme l'explique l'article, il y a une réalité qui "transcende les crispations politiques" : les milliards de dollars. C'est beau, le pragmatisme. On s'insulte le matin, mais l'après-midi, on déroule le tapis rouge pour la délégation de la Sonatrach. Le message est clair : "Touche pas à mon drone, mais touche à mon sous-sol tant que tu veux". L'auteur note avec malice que l'Algérie critique l'alignement politique du Niger, mais adore s'aligner sur ses gisements.
Sonatrach : Le retour du Jedi du forage
Yahia Maouchi, chez La patrie news, nous décrit une scène digne d'un film d'action : "Sonatrach prête à reprendre ses activités". On imagine les ingénieurs en train de craquer leurs jointures et de remettre leurs casques au ralenti. Arkab a rencontré son homologue nigérien Hamad Tinni pour lui dire, en substance : "C'est bon, on a fini de bouder, on peut rallumer la foreuse ?". Le ministre a réaffirmé la "disponibilité" de l'Algérie à reprendre le boulot sur le champ de Kafra. C'est touchant, cette solidarité. Dès qu'il s'agit de la "recherche et exploration", tout le monde redevient copain comme cochon. On sent presque l'odeur du brut à travers l'article.
Le "ballet diplomatique" ou la valse des barils
Hélène Sourou, du Journal du Niger, sort les violons et nous parle d'un "ballet diplomatique" qui ne faiblit pas. C'est le Lac des Cygnes, mais avec des pipelines. Le nouveau ministre nigérien, Hamadou Tinni, reçoit son baptême du feu — ou plutôt du brut — en accueillant le "Monsieur Énergie" d'Alger. Kafra est décrit comme "le joyau du désert", ce qui fait beaucoup plus chic que "trou perdu plein de liquide noir". L'article nous vend un partenariat "naturel", car apparemment, quand on partage une frontière et des nappes de pétrole, on est âmes sœurs. Pour Niamey, c'est vital pour la souveraineté ; pour Alger, c'est vital pour montrer qu'ils sont les patrons du quartier,.
L'inventaire à la Prévert de la délégation
Chez Africa news fr, on ne s'embarrasse pas de poésie, on fait l'appel. Arkab n'est pas venu seul, oh non. Il a ramené toute la smala : le PDG de Sonatrach Noureddine Daoudi, le DG de la holding internationale Bouarara Cherif.... C'est plus une visite de travail, c'est un débarquement ! L'objectif est clair : le TSGP (Gazoduc Transsaharien). Un acronyme barbare pour un projet titanesque qui doit relier le Nigeria à l'Europe via l'Algérie. En gros, on va transformer le Sahel en autoroute à gaz pour que l'Europe puisse se chauffer cet hiver sans appeler Poutine.
Le Gazoduc fantôme et les promesses éternelles
Le site L'Algérie Aujourd'hui remet une couche sur ce fameux "projet stratégique". On en parle, on "examine l'état d'avancement", on "évalue le niveau de mise en œuvre". Ça fait des années qu'on en parle, c'est le monstre du Loch Ness du Sahara : tout le monde sait qu'il est là, mais on attend encore de voir le gaz sortir au bout du tuyau. Mais attention, l'ambiance est studieuse ! On parle transfert d'expertise, raffinage, pétrochimie. Alger veut apprendre à Niamey comment transformer l'or noir en or tout court. C'est de la pédagogie industrielle à coup de millions.
La bénédiction suprême du Premier Ministre
Enfin, pour clore ce spectacle, Ouamar Benmokhtar de L'Algérie Aujourd'hui nous signale que Arkab a été reçu par le grand patron, le Premier ministre Ali Mohamed Amine Zeine. Là, c'est le sommet. Il y avait tellement de ministres nigériens dans la pièce (Mines, Énergie, Pétrole, Affaires étrangères) qu'on aurait pu former une équipe de foot. Tout ce beau monde a convenu que le gazoduc a une "importance stratégique aux niveaux régional, africain et international". Rien que ça ! Bref, on oublie les drones, on oublie les fâcheries, et on se concentre sur ce qui compte vraiment dans la vie : la tuyauterie et le cash-flow. Vive l'amitié algéro-nigérienne, tant qu'il y a du gaz dans le tube !