Orano sort les griffes, les dents et surtout les avocats
Mesdames, messieurs, bonsoir. Vous pensiez que le divorce entre la France et le Niger se réglerait à l’amiable autour d’un thé à la menthe ? Eh bien non, on est passé directement au lancer de vaisselle nucléaire. Selon nos confrères de La Nouvelle Tribune, qui semblent s’amuser de ce capharnaüm juridique, le groupe français Orano est entré en mode « Terminator des prétoires ». Le message est clair : ils vont attaquer en justice le Niger, mais pas seulement. Ils promettent de poursuivre « quiconque » oserait toucher à leur précieux stock d’uranium. Oui, vous avez bien entendu, « quiconque ». Si vous touchez un caillou jaune à Niamey, vous recevez une assignation à comparaître dans la minute. C’est Claude Imauven, le patron d’Orano, qui l’a juré devant les sénateurs : on ne touche pas au grisbi, c’est sa « propriété légitime » et il est prêt à coller des procès à la Terre entière pour le récupérer.
Des bagages en soute un peu encombrants à l’aéroport de Niamey
Mais où est passé ce fameux trésor de guerre ? Accrochez-vous, car La Nouvelle Tribune nous révèle que le scénario vire au film d’action low-cost. Apparemment, un millier de tonnes d’uranium — oui, mille tonnes, ça ne rentre pas dans une Twingo — auraient été déplacées d’Arlit pour finir... à l’aéroport international de Niamey,. On imagine la scène au comptoir d’enregistrement : « Vous avez des liquides ou des objets tranchants ? Non, juste 250 millions d’euros de yellowcake radioactif, merci de faire attention à l’étiquette fragile ». Ce stock, issu de la mine de la SOMAÏR que la junte a décidé de nationaliser en juin 2025 comme on réquisitionne un terrain de pétanque, est désormais gardé par les militaires. Orano, qui surveille ça par satellite comme un mari jaloux, affirme que des camions ont bougé la marchandise début décembre. Bref, c’est le grand déménagement, sauf que les cartons brillent dans le noir.
Souveraineté, vodka et injonctions judiciaires
Pendant qu’Orano s’excite avec ses papiers, les généraux nigériens, eux, jouent la carte de la « souveraineté complète ». Depuis le putsch de 2023, la mode à Niamey n’est plus au croissant au beurre mais au blinis, avec une volonté affichée de virer « l’ancienne puissance tutélaire » pour faire des affaires avec la Russie. La Nouvelle Tribune souligne que le Niger compte bien vendre son uranium tout seul, comme un grand, sans demander la permission à Paris. Orano brandit pourtant une décision du tribunal d’arbitrage du CIRDI datant de septembre 2025 qui interdit formellement de vendre le minerai. Mais soyons honnêtes, expliquer à une junte militaire qu’elle doit respecter une injonction du CIRDI, c’est un peu comme essayer d’apprendre le point de croix à un ours polaire. L’issue est incertaine, mais une chose est sûre : si quelqu’un achète cet uranium, il aura en cadeau bonus un procès d’Orano et une ambiance diplomatique explosive,. À demain, si vous le voulez bien !