La Grande Saga du "Rivers" : Règlement de Comptes à OK Corral

Acte 1 : Le "Baiser de la Mort" du Porte-Parole

Mesdames, messieurs, bonsoir. Vous pensiez que la politique était une affaire d'État ? Détrompez-vous, au Nigéria, c'est une sitcom avec un budget illimité et des acteurs qui improvisent leurs insultes. Tout commence avec Daniel Bwala, le porte-parole de la Présidence qui a décidé de jeter une grenade dans la mare aux crocodiles. Selon nos confrères de Premium Times et BusinessDay, Monsieur Bwala est allé à la télévision pour dire, avec un calme olympien, que le tout-puissant Nyesom Wike a été « adéquatement indemnisé ».

Oui, vous avez bien entendu. « Adéquatement indemnisé ». Traduction en langage diplomatique : « Tiens, prends ton pourboire et laisse les grandes personnes travailler ». Bwala a précisé que Wike n'est qu'un locataire au ministère et que le vrai patron de l'APC dans l'État de Rivers, c'est le gouverneur Fubara. C'est ce qu'on appelle poliment une mise au placard en direct à la télévision nationale, ou comme le note Legit.ng, un rappel brutal que « quand on franchit la ligne, on le sait ». Apparemment, Wike a franchi la ligne, le mur, et probablement la frontière de la patience présidentielle.

Acte 2 : La Contre-Attaque du Soldat Bob

Évidemment, on ne touche pas au "Parrain" Wike sans se faire mordre par ses gardes du corps. Entre en scène Solomon Bob, un législateur qui a piqué une colère noire, rapportée avec délectation par Punch Newspapers. Pour Bob, Bwala n'est qu'un « opérateur insignifiant en quête d'attention » qui « boxe au-dessus de sa catégorie ». Aïe.

Selon Bob, dire que Wike a été « compensé » est une hérésie. Pour lui, Wike ne cherche pas l'argent, il cherche... la gloire du service public, évidemment ! Bob hurle que Bwala est rempli de « bile préméditée » et qu'il voit la fonction publique comme un « train de sauce » (gravy train). C’est magnifique. On croirait entendre un enfant défendre son père dans la cour de récréation : « Mon papa il est fort, et toi t'es méchant ! ». Bob insiste : Wike est un génie qui a quitté le Compte Unique du Trésor (TSA) tout seul, comme un grand, parce qu'il est brillant. Bref, l'ambiance est au beau fixe.

Acte 3 : Le Telenovela Psychologique et la Fraternité de Janvier

Mais attendez, ça devient mystique ! Si vous pensiez que c'était juste de la politique, Modern Ghana nous offre une analyse digne d'une thérapie de groupe sous hallucinogènes. L'auteur, John Egbeazien Oshodi, nous explique que ce n'est pas une guerre, c'est une histoire de « dignité » entre deux hommes nés en janvier 1975. Oui, l'astrologie s'en mêle.

Selon cette prose lyrique, Bwala est le « Grand Frère » spirituel qui vient sauver Fubara, le petit frère humilié qu'on force à boire au biberon politique. L'article décrit Fubara comme un homme qui a repoussé le biberon parce qu'il était « plein ». C'est beau, c'est touchant, on en pleurerait presque. Wike est décrit comme une « tempête ambulante » qui traite le gouverneur de « garçon ». C’est Les Feux de l'Amour, mais avec des budgets d'État et des menaces de destitution. Bwala n'est pas juste un porte-parole, c'est le sauveur de la « dignité émotionnelle » du Nigéria. Rien que ça.

Acte 4 : Le Paradoxe Absurde des Élections

Pendant que tout le monde s'insulte et analyse les thèmes astraux, il y a quand même des élections. Et là, c'est le chaos total. Daily Post nous apprend que l'APC a organisé des primaires pour des élections partielles. Le twist ? Les candidats qui ont gagné sont... les loyalistes de Wike.

C'est magique ! Le Président dit que Fubara est le chef, Bwala dit que Fubara est le chef, mais sur le terrain, ce sont les soldats de Wike qui récupèrent les tickets. C’est comme si vous étiez le capitaine du navire, mais que l'équipage obéissait uniquement au cuisinier. Le sénateur Magnus Abe, avec un sens de l'humour involontaire, déclare même que « le Ministre du FCT est le leader de l'APC ici », contredisant joyeusement tout ce que la Présidence vient de dire. Une cacophonie parfaitement orchestrée.

Acte 5 : La Fête de la Victoire (ou pas)

Pour finir, nous avons la faction de l'APC fidèle à Fubara qui célèbre la déclaration de Bwala comme si c'était la fin de la guerre mondiale. Vanguard et Channels TV rapportent qu'ils sont « vindiqués » et remercient le Président d'avoir remis l'église au milieu du village.

Ils exigent maintenant la démission du porte-parole national du parti, Felix Morka, parce qu'il a osé ne pas être d'accord. Darlington Nwauju, le porte-parole de la faction, demande une réunion d'urgence pour « donner une direction » au parti. Bonne chance, Darlington ! Avec un gouverneur chef en titre, un ministre chef en pratique, et une présidence qui distribue les bons points à la télé, la seule direction claire pour l'instant, c'est droit dans le mur, mais avec panache !

À vous les studios.