La Grande Épopée du Frigo National : Quand le Sénégal décide de congeler son destin

La première pierre qui venait du froid

Mesdames et messieurs, accrochez vos parkas, car il fait froid au Sénégal ! Enfin, pas dehors, rassurez-vous, le soleil tape toujours aussi fort, mais sur le papier, c'est l'Antarctique ! Selon nos confrères de Dakaractu, le ministre Serigne Guèye Diop a posé la fameuse "première pierre" à Ngomène. Ah, la première pierre ! Le sport national sénégalais avant la lutte. Cette fois-ci, ce n'est pas pour un stade ou une arène, non, c'est pour un frigo géant. Un projet d'infrastructures de stockage capable de conserver 250 000 tonnes de légumes. Vous avez bien entendu, on va stocker tellement d'oignons que même vos larmes seront conservées au frais pour la postérité. Le ministre a même déclaré que le Sénégal doit être capable de "nourrir les Sénégalais". Une idée révolutionnaire, n'est-ce pas ? Manger ce qu'on produit, quelle audace !

Agricool : Le nom de code de la Banquise des Niayes

Poursuivons ce voyage polaire avec le Journal du Sénégal, qui nous présente le projet sous son nom de scène : "Agricool". On dirait le nom d'une start-up de la Silicon Valley ou d'un nouveau parfum de glace, mais non, c'est du sérieux. Narcisse Ouedraogo, avec sa plume aussi affûtée qu'un couteau à éplucher, nous explique que ce "réseau de stockage frigorifique sous atmosphère contrôlée" est là pour sauver la souveraineté alimentaire. C'est magnifique, l'atmosphère est contrôlée ! C'est le seul endroit du pays où l'atmosphère sera calme, contrairement à l'Assemblée nationale. Et attention, l'APS renchérit en nous disant que la capacité réelle sera, tenez-vous bien, d'un million de tonnes à terme. Un million ! À ce rythme-là, on va pouvoir congeler toute la population pendant la saison des pluies et nous réveiller quand les routes seront sèches.

Rédigé par Journal du Sénégal et illustré par Narcisse Ouedraogo.

La guerre de la pomme de terre est déclarée

Mais ce n'est pas tout ! Thiesinfo nous apprend que le ministre ne rigole plus du tout avec les frontières. C'est fini la fête. Il a annoncé qu'on ferme la porte à double tour : 12 mois de fermeture pour la pomme de terre étrangère et 6 mois pour la banane. La pomme de terre sénégalaise devient donc une espèce protégée, un trésor national, au même titre que le Ceebu Jën. Le ministre nous dit : "L'année prochaine, nous allons fermer les frontières". C'est le visa "frite" qui est suspendu ! Dakaractu confirme que nous avons déjà produit 450 000 tonnes de produits horticoles. On ne sait plus où les mettre, ces patates ! Si vous croisez une pomme de terre hollandaise dans la rue, appelez la police, elle est en situation irrégulière.

Le rêve de l’oignon éternel

Du côté de Senego, l'enthousiasme est tel qu'on frôle la science-fiction. Abdou Nar Dia nous parle d'une "réponse industrielle" face au drame des pertes post-récoltes qui engloutissent 40% de la production. C'est l'hémorragie de la carotte, le génocide de la tomate ! Mais le gouvernement a un plan : "Zéro perte d'ici deux ans". Zéro ! Plus un seul oignon ne pourrira à Ngomène. Ils seront immortels. Senego nous promet un maillage territorial digne de la NASA, avec des frigos à Potou, Matam, et même en Casamance. Bientôt, le Sénégal sera le premier pays au monde entièrement climatisé par des légumes. C'est "Agricool", c'est le futur, c'est l'ère de l'oignon 2.0.

Pendant ce temps, le solaire fait son show en solo

Et comme dans toute bonne saga, il y a le spin-off. Pendant que l'État pose des pierres symboliques pour des millions de tonnes virtuelles, Dakarmidi nous raconte qu'un certain Abdel Kader Seck a posé... un vrai conteneur. À Notto Gouye Diama, pas de première pierre, mais une "première chambre froide solaire de 40 pieds". C'est moins grandiose qu'un million de tonnes, c'est sûr, mais ça marche avec le soleil, et Dieu sait qu'on en a, du soleil. Dakarmidi parle d'une "révolution" portée par la diaspora. C'est le combat de David contre Goliath : le conteneur solaire de 30 tonnes contre le mégaprojet futuriste de l'État. D'un côté, on a l'électricité du soleil, de l'autre, on a l'énergie des discours. Qui gagnera la bataille du froid ? La réponse au prochain dégel !