Mesdames et Messieurs, bienvenue au Sénégal, le pays de la Teranga où l'actualité va plus vite que le TER de Dakar ! Vous pensiez avoir tout vu ? Détrompez-vous. On ouvre ce bal masqué avec une scène digne d'un film de Nollywood réalisé sous acide. Imaginez le tableau : on est au Tribunal, ambiance solennelle, le Procureur Ibrahima Ndoye s'apprête à parler de choses graves, et là, au milieu de la meute de journalistes, qui se fait passer les menottes ? Pape Birame Bigué Ndiaye de la RTS,
Ah, c'est du génie ! Le gars est venu couvrir l'événement, et paf, il est l'événement. C’est comme si un boulanger allait acheter sa farine et finissait dans le pétrin—littéralement. Les gendarmes de Keur Massar, ils ne font pas dans la dentelle : ils l'ont cueilli entre deux prises de son, alors qu'il parlait encore de l'affaire de l'étudiant décédé à l'UCAD quelques minutes avant à l'antenne. C’est ce qu’on appelle avoir le sens du timing. Selon Dakaractu, l'interpellation serait liée à l'affaire "Pape Cheikh Diallo et Cie", parce qu'apparemment, au Sénégal, tout finit par être lié, comme dans un mauvais plat de Thieboudienne où tout le monde a mis sa cuillère.
« Allô Bébé, Ici la Brigade » : Les SMS de la Discorde
Mais attendez, ça devient croustillant comme des pastels brûlés. Comment la maréchaussée a-t-elle remonté la piste jusqu'au micro de la RTS ? Grâce à la technologie, mes amis ! Libération, qui a apparemment des oreilles partout (et surtout dans les téléphones des autres), nous apprend que tout est parti de l'exploitation du téléphone d'un certain Ibrahima Magib Seck.
Les enquêteurs, qui doivent s'ennuyer ferme pour lire les textos des gens, sont tombés sur des « messages d'amour ». Et là, attention, on tient le pseudonyme de l'année : "Yoss". C'est le petit nom codé que le journaliste utiliserait dans ses échanges torrides. C'est magnifique. On est passé de "Allô Dakar" à "Allô Chéri" en une capture d'écran. Seneweb nous dit que c'est ce téléphone maudit qui a fait tomber tout le château de cartes, révélant un réseau insoupçonné. Moralité de l'histoire : au Sénégal, si tu veux dire "Je t'aime", fais-le par tam-tam, c'est moins risqué que WhatsApp !
Pendant ce temps, le casting de cette superproduction s'étoffe. On ne parle plus d'une simple affaire, mais d'une "troisième vague d'arrestations", comme si c'était le Covid. On a déjà l'animateur star Pape Cheikh Diallo, le chanteur Djiby Dramé, et maintenant, on ramasse les seconds rôles aux quatre coins du pays.
Le plus beau ? L'arrestation d'Ibrahima Magib Seck. Le gars, il se croyait tranquille à Saly, en train de regarder une finale de foot à l'Institut Diambars. Il pensait peut-être qu'il allait signer au Barça ? Non mon frère, tu as signé à la Brigade de Recherches ! L'Observateur raconte qu'il a été cueilli dans les tribunes. Imaginez la scène : "Penalty pour l'équipe adverse... et garde à vue pour le spectateur du rang 4 !". Et pour couronner le tout, ce monsieur aurait avoué l'organisation d'une soirée "partouze" aux Mamelles chez Pape Cheikh Diallo où "tout était permis". Aux Mamelles ! Ça ne s'invente pas, c'est de la poésie urbaine.
Évidemment, pour qu'un scandale soit complet au pays, il faut un "Toubab". Sinon, ça fait pas sérieux, ça fait local. Entrez en scène : Pierre R., alias "Babtou Peter", un septuagénaire français de 73 ans. Selon Causeur et Le Soleil, ce serait lui le grand architecte, la tête de pont d'un réseau pédocriminel,.
C'est pratique, "Babtou Peter". C'est le méchant idéal. On nous dit qu'il aurait payé pour des vidéos et orchestré tout ça depuis 2017. Cela permet à tout le monde de crier au complot occidental et à l'agenda LGBTQI+ imposé par l'étranger, comme le souligne Le Monde en rappelant les déclarations de nos politiciens qui voient des lobbys gays jusque dans leur bol de café au lait. C'est la faute à l'Occident, c'est la faute à Voltaire, et c'est la faute à Babtou Peter !
On termine sur une note qui fait froid dans le dos, mais traitée avec la délicatesse d'un éléphant dans un magasin de porcelaine par notre presse nationale. Les chiffres tombent comme au Loto : sur 17 personnes arrêtées, 12 sont positives au VIH. L'Observateur et Senenews en font leurs choux gras, parlant de "bombe sanitaire",.
L'atmosphère est irrespirable. On parle de "transmission volontaire", d'actes "contre-nature", et la presse balance les noms et les statuts sérologiques comme si c'était la liste des convoqués en Équipe Nationale,. C'est la panique totale. Entre ceux qui brûlent les corps des supposés homosexuels et ceux qui réclament la peine de mort, le Sénégal est en train de gérer ça avec autant de calme qu'un chat dans une baignoire. En attendant, tout le monde à Dakar supprime ses historiques de conversation et regarde son voisin de travers. Quelle époque formidable !