Mesdames, messieurs, bonsoir et bienvenue dans ce monde merveilleux où la magie opère sans baguette, mais avec des décrets ! Oui, vous avez bien entendu, le Sénégal s'apprête à réaliser le casse du siècle : vendre de l'air ! Selon notre confrère Jean Pierre Malou du très sérieux Sud Quotidien, repris par SenePlus, tout le gratin dakarois s'est réuni jeudi dernier pour un atelier. Le but ? Créer un « cadre réglementaire » pour le marché carbone.
C’est fantastique ! Avant, quand on ne faisait rien, on appelait ça de la paresse. Maintenant, grâce à Ababacar Dieng du Ministère de l'Environnement, on appelle ça de la « souveraineté climatique et économique ». Le plan est génial : on laisse les arbres pousser (ils font ça très bien tout seuls), on calcule combien de CO2 ils aspirent, et hop ! On envoie la facture aux pollueurs internationaux. C'est ce qu’on appelle transformer le gaz carbonique en francs CFA, une alchimie que même Harry Potter n'aurait pas tentée. Le décret est en route pour sécuriser tout ça, car il ne faudrait pas qu'on nous vole notre vent, n'est-ce pas ?
Mais attention, car si vendre de l'air c'est bien, gérer ce qui tombe du ciel, c'est mieux ! Comme nous l'apprend avec une inquiétude palpable Abdou Nar Dia de Senego, le Sénégal vise 40 % d'énergie solaire d'ici 2040. C’est beau, c’est propre, c’est vert. Sauf qu'il y a un hic : les panneaux solaires, ça meurt. Et quand ça meurt, ça ne va pas au paradis des grille-pains, ça reste là, à nous regarder de son œil vitreux en silicium.
Alors, qui appelle-t-on pour gérer ce futur cimetière de miroirs ? Les Belges ! Oui, vous avez bien lu. L’Agence belge de développement, Enabel, débarque à la rescousse. C'est logique, non ? Pour nous expliquer comment gérer les déchets du soleil, on fait appel aux champions du monde de la grisaille et de la pluie. C’est comme demander à un végétarien de gérer un barbecue, c’est audacieux !
D’ailleurs, le chef du portefeuille climat chez Enabel s’appelle Pierre-Henri Dimanche. Ça ne s’invente pas ! Monsieur Dimanche est venu nous dire en semaine qu'il faut « anticiper » avant que nos belles campagnes ne ressemblent à une décharge de Wall-E. L'objectif est d'éviter que la solution d'aujourd'hui ne devienne le cauchemar toxique de demain. Merci la Belgique, une fois !
Et pour finir en beauté, retournons vers la machine à cash avec L’Agence de Presse Sénégalaise (APS) et son reporter de choc Abdoulaye Badji. Ils sont formels : le marché carbone n'est pas juste un truc bureaucratique, c'est une « opportunité exceptionnelle ». C'est le directeur pays d'Enabel, Abou El Mahassine Fassi-Fihri, qui le dit : ça va créer des emplois !.
Des « emplois verts », s'il vous plaît. Imaginez le tableau : d'un côté, on vend des droits à polluer aux multinationales pour qu'elles se sentent moins coupables, et de l'autre, on embauche des jeunes pour démonter les vieux panneaux solaires belges installés au soleil sénégalais. C'est le cycle de la vie, version économie circulaire ! Le Sénégal veut devenir la « plateforme africaine de référence » pour les investissements climatiques. En gros, on veut être le Wall Street de la chlorophylle.
Dakar pose les bases, les experts expertisent, et pendant ce temps, le soleil brille et le carbone s'envole. Allez, à ciao bonsoir, et n'oubliez pas de respirer, c'est peut-être bientôt payant !