Le Grand Cirque Budgétaire Togolais 2026 : On rase gratis, mais payez d’abord !

La Pédagogie du Portefeuille Vide

Bienvenue dans ce monde merveilleux où l'argent pousse sur les arbres, ou plutôt, dans la poche des contribuables ! Nous ouvrons ce bal avec nos amis de l’Office Togolais des Recettes (OTR), qui ont décidé que prendre votre argent ne suffisait pas : il faut aussi vous expliquer avec le sourire pourquoi ça fait mal. Comme nous l'apprend YOP L-FRII et la très enthousiaste Diane A., l’OTR lance une grande « campagne de vulgarisation » pour la Loi de finances 2026. Le but ? Aller expliquer « à toutes les couches socio-économiques » — c’est-à-dire, de la vendeuse de beignets au PDG — qu’il va falloir passer à la caisse.

Et attention, c’est moderne ! On nous promet la « facture électronique certifiée » parce que le papier, c’est tellement 2025. Mais le clou du spectacle, c’est la taxe sur les « gains issus des paris ». Oui, vous avez bien entendu : si vous gagnez au Loto pour échapper à la pauvreté, l’État prend sa part au passage. C'est ça, la solidarité nationale : partager la chance, surtout quand elle est maigre.

Le Miracle de la Dette Fantôme

Pendant que l'OTR fait les poches des parieurs, au niveau macro-économique, c’est David Copperfield à la manœuvre. Selon APAnews, le Togo a réussi un tour de magie stupéfiant en 2025 : faire baisser sa dette régionale alors que tous les voisins, comme le Niger ou le Sénégal, continuent de s’endetter joyeusement,. C’est formidable, non ? Le Togo est l'un des rares bons élèves à afficher une contraction de son stock de dette.

Mais attendez, ne sortez pas le champagne tout de suite. Si Lomé a levé moins d’argent (411 milliards quand même), ce n'est pas parce qu'ils sont devenus riches, c'est une « stratégie ». L'idée de génie ? Arrêter les emprunts à court terme pour privilégier des maturités « plus longues ». En gros, on arrête de payer demain pour payer dans dix ans, quand on sera tous morts ou partis à la retraite. C’est ce qu’on appelle « lisser les profils de remboursement ». C’est propre, c’est net, c’est de la comptabilité créative de haut vol.

Sevrage Brutal : L'Adieu au Cash International

Mais pourquoi cette soudaine rigueur ? Eh bien, parce que Papa Banque Mondiale et Maman FMI sont en train de couper les vivres ! C’est la panique à bord, relayée par Togo First et Ayi Renaud Dossavi : les « dons-projets » vont s’effondrer. Tenez-vous bien : on passe de 166 milliards de cadeaux en 2026 à une misère de 31 milliards en 2028. Divisé par cinq en deux ans !.

C’est le grand sevrage. L’État appelle ça un « recentrage progressif vers l’autonomie budgétaire ». C’est une façon très élégante de dire : « Les blancs ne donnent plus d'argent, on va devoir se débrouiller tout seuls ». Du coup, la pression fiscale sur les ménages va augmenter pour compenser. Retour à la case départ : voir segment 1, l’OTR arrive chez vous.

Des Routes, des Profs et des Canons

Alors, avec cet argent qu'on n'a plus mais qu'on va taxer, qu'est-ce qu'on fait ? On dépense ! Et pas qu'un peu. Le budget explose pour atteindre 2751 milliards. Togo Matin nous explique que 60 % du gâteau est mangé par cinq ministères. Le grand gagnant, c’est le béton ! Le ministère des Travaux publics voit son budget augmenter de 62 % !. On va construire des routes partout, c’est magnifique.

L’Éducation reçoit aussi un gros chèque de 212 milliards, sans doute pour apprendre aux enfants à calculer combien ils devront rembourser plus tard. Et bien sûr, la Défense garde ses 119 milliards. Il faut bien protéger les nouvelles routes et les nouvelles écoles contre... eh bien, contre les gens qui ne sont pas contents de payer les nouvelles taxes. C’est un cycle vertueux, on vous dit.

L'Alchimie Comptable des Mines

Enfin, terminons par la blague de l'année : le secteur minier. Selon un rapport ITIE décortiqué par Togo First, les revenus du secteur extractif ont bondi de 553 % en 2023 !. Incroyable ! On a trouvé de l'or sous le palais présidentiel ? Non. C’est juste une « opération de compensation entre créances et dettes » de la Société Nouvelle des Phosphates du Togo. En gros, on a effacé des ardoises et on a appelé ça un « revenu ».

La réalité est plus triste : les vraies redevances minières (ce que les mines paient pour creuser le sol) sont ridicules : à peine 10 milliards prévus pour 2026. C’est des miettes. Surtout quand on sait que ces mêmes compagnies bénéficient de l'électricité à prix cassé, ce qui coûte 10 milliards de subventions cachées à l'État. Résumons : elles paient 10 milliards, l'État leur offre 10 milliards d'électricité. Bénéfice net pour le pays ? Zéro. Mais chut, c'est pour la croissance !

Allez, à demain pour de nouvelles aventures fiscales !