L'Excellence Administrative ou Comment Devenir Premier de la Classe en 24 Chrono

Sharm El-Sheikh : La ville qui ne dort jamais (sauf pour remplir des formulaires)

Mesdames, messieurs, bonsoir ! Bienvenue dans ce monde merveilleux où l'administration égyptienne est devenue, tenez-vous bien, une machine de guerre de l'efficacité. On commence notre tour d'horizon avec le journal Al-Watan, qui nous apprend que la ville de Sharm El-Sheikh a décroché la médaille d'or de l'Excellence Gouvernementale. Oui, vous avez bien entendu, le Général Nader Allam, chef de la ville, a reçu son trophée des mains du Premier ministre en personne, probablement pour avoir réussi l'exploit olympique de tamponner des documents à la vitesse de la lumière. Selon nos confrères, cette victoire est due à des "directives" pour travailler jour et nuit, car apparemment, l'excellence, c'est comme les boîtes de nuit à Sharm, ça ne ferme jamais. L'objectif ? "La satisfaction du citoyen", cette créature mythique que l'administration cherche encore à observer dans son habitat naturel.

L'invasion des émiratis et la "nouvelle langue"

Mais attention, ce miracle a un coach ! La presse nous signale la présence d'Ohood Al Roumi, la ministre émiratie du Développement gouvernemental, venue nous expliquer comment on fait fonctionner un ordinateur. Selon l'article signé Amira Assi, le prix a créé "une nouvelle langue de performance". Fini l'arabe, fini les hiéroglyphes, désormais les fonctionnaires parlent le "KPI couramment" avec des résultats mesurables. La ministre nous assure que ce partenariat de huit ans a permis de construire des ponts, probablement pour aider les dossiers à traverser la bureaucratie sans se noyer. Elle affirme même que l'Égypte croit qu'une bonne administration est le meilleur cadeau à offrir à l'humain, juste après l'oxygène et le koshari.

Santé : La bataille des cliniques

Pendant ce temps, dans la province de Gharbia, c'est la guerre des stéthoscopes. Bawabat Al-Ahram nous rapporte que la Direction de la Santé locale a décidé de ne laisser aucune miette aux autres en raflant les trois premières places du podium. Le bureau de santé de "Kafr Fayala" est le grand champion, suivi de près par "Shober" et "Shabra Babel". C'est la Ligue des Champions du vaccin ! Le Dr. Osama Belbel, sous-secrétaire du ministère, nous jure que c'est le résultat d'un "développement global", ce qui en langage administratif veut dire qu'ils ont probablement changé les ampoules de la salle d'attente.

L'électricité numérique et la tirelire connectée

Passons à la technologie, car oui, nous sommes en 2026 ! Le site FinTech Gate s'extasie devant la "Plateforme Unifiée des Services d'Électricité" qui a arraché la deuxième place. Grâce à ce bijou développé par Fixed Solutions, vous pouvez désormais contempler votre facture d'électricité sur un écran HD, ce qui rend le montant beaucoup plus lisible, même si ça ne baisse pas le prix du kilowatt. Et pour ceux qui n'ont plus d'argent pour payer, le Conseil National des Femmes a la solution avec son initiative "Tahwisha" (littéralement "la tirelire"), qui a gagné le troisième prix de l'innovation. L'idée est d'apprendre aux femmes à économiser numériquement, parce que cacher l'argent sous le matelas, c'est tellement 2024.

Les villages poétiques et l'eau potable aimable

L'excellence s'infiltre partout, même dans les tuyaux ! Sada El-Balad nous informe qu'un village nommé "Shoara" (les Poètes) à Damiette a gagné le premier prix dans la catégorie villages. On imagine que les formulaires y sont rédigés en alexandrins. Et si vous avez soif, sachez que le centre de service client des eaux de Masr El-Gedida a été élu "meilleur ami du client" selon le Journal Al-Shorouk. Le président de la compagnie des eaux affirme que c'est grâce à la "transformation numérique", ce qui permet sans doute de recevoir des fuites d'eau directement par e-mail.

Le mot de la fin : La philosophie du chef

On termine cette épopée avec le Premier ministre Mostafa Madbouly, qui, dans un élan de philosophie rapporté par la presse, a déclaré que "l'excellence n'est pas juste un prix, c'est une culture". Il a ajouté qu'il n'y a "pas de réforme économique sans réforme administrative", ce qui explique pourquoi on a tant de prix et, espérons-le, un peu d'économie. Il paraît même que l'État s'occupe de "construire l'humain" comme s'il s'agissait d'un kit IKEA, en assemblant la santé et l'éducation pour en faire un citoyen modèle.

Allez, à la prochaine pour de nouvelles aventures au pays des tampons encreurs !