Bonsoir à tous, bienvenue dans ce monde merveilleux où, apparemment, le plus grand danger pour la sécurité nationale n'est plus l'économie ou la géopolitique, mais le petit Mohamed qui joue à Candy Crush sur le canapé. En effet, c'est la panique générale depuis que le Président Sisi a lâché une bombe lors de la fête de la police : il faut une loi, et vite, pour empêcher les enfants d'utiliser les téléphones portables. Pourquoi ? Parce que l'Australie et l'Angleterre l'ont fait, alors pourquoi pas nous ? C'est le nouveau chic diplomatique : avoir une ambassade, un drapeau, et une interdiction de TikTok pour les moins de 16 ans. Le message est clair : ce n'est pas pour protéger le régime, non, c'est pour protéger la "conscience" de nos chères têtes blondes contre la terrible menace des écrans.
Du coup, c'est l'effervescence au Parliament. On ne marche plus, on court. Les députés se sont réveillés avec une mission divine : stopper la "famoso" « anarchie numérique ». Vous imaginez l'ambiance ? C'est la guerre contre les pixels. Le Parlement a sorti un communiqué officiel pour dire qu'ils allaient lancer un immense "dialogue sociétal" – ce qui, en langage politique, veut dire qu'ils vont discuter entre eux pour savoir comment débrancher la prise. Le député Ahmed Badawi, chef de la commission des télécommunications, est sur le pied de guerre : apparemment, on a découvert des enfants de 11 ans sur des applications "contraire à la loi". Mon Dieu, ils ont peut-être vu une femme sans voile sur Instagram ou pire, ils ont parié leurs goûters sur des sites de jeux en ligne.
Mais attention, ce n'est pas juste une question de morale, c'est une question de survie de l'espèce ! Les experts défilent dans la presse comme dans un film catastrophe. Selon le Dr Tamer Shawky, l'addiction numérique est telle que les enfants ne savent plus marcher ni parler, ils se contentent de scroller. On nous parle de "retard de la parole", d'obésité, et même de problèmes d'os à force de rester voûté sur l'écran. Bref, si on ne fait rien, la prochaine génération ressemblera à des crevettes avec des lunettes. Pire encore, une experte nous explique calmement que ce ne sont plus les enfants qui utilisent les téléphones, mais les téléphones qui utilisent les enfants, grâce à des boucles de dopamine diaboliques. Et n'oublions pas la menace ultime : le jeu "Roblox", qui est apparemment devenu le quartier général du crime organisé et du harcèlement. C'est terrifiant.
Alors, comment on fait ? C'est là que ça devient génial. On va fliquer tout ça avec la technologie. Des génies proposent de lier l'accès à Facebook à la carte d'identité nationale ou à l'analyse biométrique du visage. Vous imaginez ? "Papi, prête-moi ton visage, je veux voir une vidéo de chat". D'autres suggèrent des cartes SIM spéciales "famille" ou "enfant" pour que papa puisse surveiller si son fils regarde des maths ou des bêtises. Le député Hazem El-Gendy veut carrément interdire le téléphone aux moins de 15 ans, point barre. C'est simple, c'est radical. Pendant ce temps, le marché de l'occasion explose, les prix des vieux téléphones montent en flèche, car tout le monde veut s'équiper avant que la police du net ne débarque.
Pour se justifier, on regarde vers l'étranger. L'Australie est devenue la Mecque de la régulation : là-bas, si une entreprise comme Meta ou TikTok laisse passer un gamin de 14 ans, bim, 50 millions de dollars d'amende. C'est le rêve. On nous dit même que la France et le Royaume-Uni y réfléchissent, alors on se sent moins seuls. En gros, l'objectif est de créer une "citoyenneté numérique sûre". Traduction : une citoyenneté où l'on regarde ce qu'on a le droit de regarder. Allez, à tchaô bonsoir, et n'oubliez pas de rendre votre téléphone à vos parents avant d'aller au lit !