Bienvenue dans le monde merveilleux où les milliardaires s’inquiètent pour le prix de la baguette
Bonsoir à tous ! Vous l'avez sans doute remarqué, il fait froid, il y a de la neige, et des gens très riches nous expliquent comment sauver les pauvres en buvant du champagne à 300 euros la coupe. Oui, nous sommes à Davos pour la 56e réunion du Forum Économique Mondial, ou comme l'appelle affectueusement La Vie Éco, le moment où Aziz Akhannouch va vérifier si la Suisse est aussi « sociale » que le Maroc. Car cette année, mesdames et messieurs, le mot d’ordre est clair : le Maroc est venu vendre un concept révolutionnaire aux banquiers internationaux, le fameux « État social ». C’est un peu comme essayer de vendre des chauffages d'appoint en enfer, mais selon Hespress, notre Chef du gouvernement a expliqué à André Hoffmann, le patron du forum, que chez nous, prospérité rime avec générosité. C’est beau, on dirait du Disney.
Alors, comment ça marche ce miracle ? C’est très simple, accrochez-vous à vos portefeuilles. Selon nos confrères enthousiastes de Femmes du Maroc, nous avons inventé une arme secrète : le « Bouclier Social ». Ce n’est pas un gadget Marvel, c’est mieux ! C’est une machine à injecter des milliards. Le gouvernement a sorti 13 milliards de dollars de sa poche magique pour dire à l’inflation : « Tu ne passeras pas ! ». Et paf ! L’inflation, qui se prenait pour une fusée à 6 % en 2023, s’est écrasée à moins de 1 %.
Le Brief nous raconte, avec une émotion palpable, que nous avons aussi mis 1,7 milliard de dollars juste pour que l'eau et l'électricité ne coûtent pas le prix du caviar. Résultat ? Tout va bien ! Le déficit baisse, la dette se calme, et tout le monde est content. C’est formidable, on dépense des fortunes pour prouver qu’on est rigoureux. C'est ce qu'on appelle la « discipline budgétaire » version Casino Royal.
Mais attention, on ne fait pas que signer des chèques pour les factures d'eau. Non, non. À Davos, il faut vendre du rêve industriel. Et là, c’est Ali Seddiki, le patron de l’AMDIE, qui s’y colle. Selon Barlamane, il a expliqué aux investisseurs que le Maroc, c’est la « transformation totale ». Il leur a rappelé qu'en 1999, on s'éclairait à la bougie (ou presque), et qu'aujourd'hui, on a des autoroutes, des ports, et même de l'électricité verte.
D'ailleurs, il a raconté une histoire incroyable sur Stellantis : en deux ans, paf ! Un terrain vague est devenu une zone industrielle mondiale. C’est plus rapide que de monter un meuble IKEA. Barlamane insiste : nous sommes le « lien stratégique » entre l’Europe et l’Afrique. En gros, si vous voulez envoyer un colis, il passe par Tanger Med. Et avec 46 % d’énergies renouvelables, votre colis bronze au soleil avant d'arriver. C'est écolo, c'est beau, c'est le Maroc 2026.
Mais le clou du spectacle, la cerise sur le gâteau de la dette, c’est le football. Car oui, quand les chiffres sont trop compliqués, on sort la Coupe du Monde 2030. La Vie Éco nous explique que ce n'est pas juste du sport, ah non malheureux ! C’est une « stratégie de transformation ». Vous avez besoin d’un hôpital ? On le construit pour le Mondial. Une route ? Pour le Mondial. Une éducation nationale ? Pour que les enfants sachent lire le score du match.
D'ailleurs, Barlamane nous apprend que nous construisons « la plus vaste enceinte sportive au monde » près de Casablanca. C’est grandiose. Aziz Akhannouch a même confié que la Coupe du Monde est un « symbole civilisationnel ». Rien que ça ! On ne joue pas au foot, on fait avancer la civilisation. Et comme le souligne Hespress, on a déjà réussi la CAN, donc logiquement, on va sauver la planète avec un ballon.
En résumé, pendant que Donald Trump fait peur à tout le monde et menace de taxer l’air qu’on respire — comme le note Le Brief avec angoisse — le Maroc est à Davos pour dire : « Relax ! ». Nous avons une croissance à 5 %, nous avons tué l’inflation à coups de milliards, et nous allons organiser la plus belle fête de football de l'histoire avec nos amis espagnols et portugais.
Alors, chers investisseurs, comme le disent si bien Maroc Diplomatique et à peu près tous les autres sites qui ont copié-collé le même communiqué : il n'y a « aucune contradiction entre ambition sociale et crédibilité économique ». C’est magique. Dormez tranquilles, le bouclier social veille sur vous. À vous les studios !