La VAR Diplomatique : C’était prévu, on vous jure !
Mesdames, messieurs, bonsoir. Vous pensiez que le match était fini ? Que nenni ! Après le tacle à la carotide sur la pelouse, place aux courbettes sur tapis rouge. Selon RFI, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a atterri à Rabat ce lundi, pile une semaine après une finale de la CAN qui ressemblait plus à une bataille de gladiateurs qu'à du football. Mais attention, Jeune Afrique nous arrête tout de suite avec un sérieux papal : ce timing n'a rien à voir avec le chaos du stade, c'est un pur "hasard du calendrier" programmé depuis décembre. Évidemment ! C’est bien connu, on organise toujours une réunion de crise avant même de savoir qu'il y aura une crise. C'est ça, la vision stratégique !
Dictionnaire de la mauvaise foi : Le hooliganisme, c’est de l’amour
Pendant que les supporters s’insultent copieusement sur les réseaux sociaux, nos élites, elles, réécrivent le dictionnaire. Comme nous l'apprend TV5 Monde, Ousmane Sonko a décidé que l'envahissement de terrain et les jets de projectiles n'étaient pas des émeutes, mais de simples "excès émotionnels produits par la ferveur". C'est magnifique. La prochaine fois que vous prendrez un fumigène sur la tête, dites-vous que c'est juste un surplus d'affection ! Le Parisien nous rappelle tout de même que 18 supporters sénégalais sont actuellement en train de méditer sur cette "ferveur" derrière les barreaux d'une prison marocaine. On imagine que le juge leur expliquera que leur peine de prison est juste une "retraite spirituelle forcée".
À table ! La stratégie du couscous de la réconciliation
Et comment règle-t-on une crise internationale majeure où l'on a failli déclarer la guerre pour un penalty raté ? En mangeant, pardi ! L'Opinion nous signale que Sa Majesté le Roi a offert un somptueux déjeuner en l’honneur de la délégation sénégalaise. Selon Le 360, tout le gratin était là, ministres, conseillers, ambassadeurs, pour une digestion diplomatique de haut vol. Pendant ce temps, le Chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, a appliqué la tactique de l'autruche : dans son discours, pas un mot sur le match, on ne parle que de "liens humains et spirituels". C'est pratique : "Passe-moi le sel, et oublie le but refusé."
La contre-attaque administrative : 17 accords pour noyer le poisson
Pour s'assurer que personne ne reparle de l'arbitrage vidéo, ils ont sorti l'artillerie lourde : la paperasse. La Releve nous informe triomphalement que le Maroc et le Sénégal ont signé pas moins de 17 accords de coopération. Vous êtes énervé par le résultat du match ? Prenez donc un "mémorandum d’entente sur le développement des PME" cité par La Vie éco, ça calme tout de suite les nerfs. Ils ont tout signé : agriculture, ports, numérique... S'il y a une nouvelle émeute au stade, ils pourront toujours se jeter des protocoles d'accord sur la normalisation industrielle à la figure. C'est ça, la magie de la "mi-temps diplomatique" décrite par Courrier International : on remplace les cartons rouges par des parapheurs en cuir. À tchao bonsoir !