Bienvenue dans ce monde merveilleux où l'eau ne mouille pas, elle "renforce les réserves". Selon nos confrères de La Vie éco et de la MAP, qui semblent avoir troqué leurs stylos pour des tubas, la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima ne subit pas des averses, non, elle vit un "démarrage très favorable" avec plus de 411.000 hectares de cultures d’automne réalisés, probablement en scaphandre. C'est simple, il est tombé près de 560 mm d'eau, soit une augmentation de 261% par rapport à l'année dernière, ce qui techniquement ne s'appelle plus de la pluie mais une tentative de noyade collective organisée par la météo.
L’enthousiasme est tel que, toujours selon la même source, les barrages Oued El Makhazine et Chefchaouen affichent un taux de remplissage de 100%, ce qui signifie qu'à la prochaine goutte, c'est la buvette du barrage qui part en surf vers l'Atlantique. L'Economiste confirme cette frénésie hydrique en notant que ces précipitations ont "ravivé les espoirs", ce qui est un euphémisme pour dire que les agriculteurs ont troqué leurs tracteurs contre des pédalos pour aller vérifier si les betteraves sucrières savent nager,. La Direction régionale de l'Agriculture, dans un élan de poésie administrative, note que tout cela a contribué à la "recharge des nappes phréatiques", qui doivent être tellement chargées qu'elles risquent d'exploser à tout moment.
Pendant ce temps, à Essaouira, c'est carrément le miracle biblique. Maroc Diplomatique nous apprend qu'après sept ans à regarder le ciel en plissant les yeux, la province a reçu un "don du ciel" de 250 mm de pluie, transformant le désert en parcours de golf géant,. C’est l’euphorie totale : les champs sont "verdoyants à perte de vue", probablement repeints en vert par des agriculteurs ivres de bonheur.
L'abondance devient presque indécente selon un certain Abdellah Rachid, agriculteur et éleveur du coin, qui raconte que les huileries tournent "à plein régime" avec des rendements de 20 litres d'huile pour 100 kg d'olives. À ce rythme-là, on ne va plus assaisonner la salade, on va faire le plein de la voiture avec de l’huile d’olive extra-vierge, d'autant que le prix sur le marché local est en "baisse sensible". Même les arganiers, qui faisaient la grève de la pousse depuis une décennie, promettent 2.000 tonnes d’huile, de quoi lubrifier tout le bassin méditerranéen. C’est une "renaissance" tellement spectaculaire que les chèvres ne montent plus dans les arbres pour manger, elles y montent pour échapper à la montée des eaux.
Et pour finir ce tour de France... pardon, ce tour du Maroc aquatique, direction Béni Mellal-Khénifra où AgriMaroc nous annonce qu'on ne parle plus d'agriculture, mais de sports d'hiver. Il est tombé 190 centimètres de neige en montagne et 296 millimètres de pluie, ce qui permet à la région de "renouer avec des conditions climatiques plus favorables", si l'on considère qu'habiter dans un igloo est favorable à la culture de la betterave,.
C'est une augmentation des précipitations de 309%, un chiffre tellement absurde qu'on dirait le score d'un dictateur à une élection locale. Résultat : la betterave sucrière explose avec une hausse de 45% des surfaces semées, ce qui promet un diabète généralisé pour toute la population d'ici la fin 2026,. Khalid Assim, de l'Office régional, se frotte les mains en expliquant que tout cela va "stabiliser les prix des fourrages", car apparemment, les vaches sont ravies de brouter de la neige fondue et des betteraves glacées,. Bref, comme le résume Hibapress, tout cela "augure d'une bonne saison", à condition d'avoir pensé à planter du riz.