Maroc : Opération "Sauvez Willy" dans les Barrages

De Mad Max à Waterworld : Le Miracle Humide

Bonsoir à tous, bienvenue dans ce monde merveilleux où l'eau tombe du ciel, un concept révolutionnaire que nous avions oublié depuis six ans. Selon nos confrères de Médias24, c'est officiel : le Maroc est passé du désert de Gobi à la piscine municipale en l'espace d'un mois. Les réserves des barrages ont explosé, gagnant près de 2,8 milliards de mètres cubes, un chiffre tellement gros qu'on croirait le budget du dernier Avatar. Le taux de remplissage national dépasse les 52%, du jamais vu depuis juin 2019, une époque où l'on ne portait pas de masques et où l'on se lavait les mains juste par politesse.

Dans le nord, c'est carrément l'orgie hydrique. Le barrage Oued El Makhazine est rempli à 100%, il déborde d'enthousiasme, littéralement. Même le barrage Al Wahda, le mastodonte, a pris du ventre et affiche un taux de remplissage de près de 60%, de quoi faire des bombes dans la piscine pendant trois ans, selon les optimistes,. Le 360 nous apprend que dans le bassin du Bouregreg, on est à 95,6%, autant dire que les habitants de Rabat et Casablanca peuvent désormais prendre des douches de plus de trois minutes sans culpabiliser. C'est la fête à la grenouille, tout le monde est content, les vannes sont ouvertes, et on range les bidons jaunes au placard.

L'Expert qui casse l'ambiance

Mais attention ! Ne sortez pas tout de suite les structures gonflables. Car il y a toujours un rabat-joie pour nous rappeler que le bonheur, c'est suspect. Ce rôle est tenu par le climatologue Mohammed Said Karrouk, cité par Le 360 et Finances News Hebdo, qui vient nous expliquer avec un calme olympien que nous sommes tous dans l'erreur scientifique. Selon lui, dire que la sécheresse est finie, c'est comme dire qu'on est guéri parce qu'on a pris une aspirine. "Ce n'est pas la fin de la sécheresse, c'est une rupture de la sécheresse", nuance-t-il, ce qui, avouons-le, est la phrase la plus déprimante de la semaine.

L'expert nous rappelle que notre climat est "structurellement sec" et que l'Anticyclone des Açores nous guette comme un créancier véreux. En gros, il pleut, c'est super, mais c'est juste une pause pipi de l'histoire climatique avant que le désert ne contre-attaque. Il précise même que le barrage Al Massira, malgré toute cette eau, plafonne misérablement à 8 ou 9%, ce qui est l'équivalent hydrique d'un fond de verre de thé,. Bref, rangez les confettis, on est en sursis.

Le Mystère de l'Huile d'Olive et des Moutons Riches

Pendant ce temps, dans nos campagnes, c'est "L'Amour est dans le pré" version inondée. LesEco.ma se demande si l'agriculture marocaine est devenue "immunisée", une question aussi philosophique que "la poule a-t-elle des dents ?". D'après Rachid Benali, le patron de la Comader interrogé par Médias24, les éleveurs sont "au top", les moutons broutent de l'herbe gratuite et la trésorerie va mieux. C'est le paradis de la laine.

Mais là où ça devient magique, c'est au supermarché. Monsieur Benali nous explique un tour de passe-passe économique fascinant : l'huile d'olive sort de chez le producteur à 35 dirhams, mais arrive sur votre table à 120 dirhams. Où passe l'argent ? C'est le grand mystère. L'huile prendrait-elle des taxis de luxe entre la ferme et l'épicerie ? Pareil pour la viande : le mouton sort à 75 dirhams et finit à plus de 100 dirhams sur l'étal. C'est ce qu'on appelle la "magie du marché", ou plus vulgairement, quelqu'un se sucre au passage pendant que le consommateur boit la tasse.

Le Drame Shakespearien des Poulets Gelés

Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, Médias24 nous plonge dans le drame poignant de la volaille marocaine. Vous pensiez que les poulets étaient contents d'avoir de l'eau ? Que nenni ! Ils ont froid. Les pauvres bêtes exigent désormais du chauffage central, ce qui fait exploser la facture de gaz butane des éleveurs. On est passé du poulet rôti au poulet frileux.

Pire encore, ces volatiles de luxe ne peuvent plus manger. Pourquoi ? Parce qu'il y a trop de vagues ! Les bateaux chargés de maïs et de soja ne peuvent pas accoster à cause de la houle, laissant les poulets au régime sec. C'est le comble : il y a de l'eau partout, mais les bateaux ne peuvent pas naviguer dessus. Et pour couronner le tout, la paille est devenue un produit de luxe à 40 dirhams la botte parce que les champs sont pleins de gadoue et que les camions s'y enlisent. Être un poulet en 2026, c'est un combat de tous les instants.

Quand l'Infrastructure date de Napoléon

Enfin, terminons ce tour d'horizon avec le constat amer de Médias24 : on a prié pour la pluie, on l'a eue, et maintenant on ne sait plus quoi en faire. Nos infrastructures, conçues au XIXème siècle pour un climat qui n'existe plus, sont en train de craquer. L'eau, cette fourbe, ne suit pas les plans des urbanistes et traverse les salons sans frapper.

Résultat : les pommes de terre sont prêtes mais restent bloquées sous terre parce que les champs sont impraticables, transformant la récolte en séance de thalassothérapie pour tubercules. Les routes sont coupées, la neige isole les montagnes, et on réalise soudain que gérer la sécheresse était presque plus simple : au moins, on n'avait pas besoin d'apprendre à nager. Moralité : au Maroc, soit on meurt de soif, soit on apprend le water-polo. À vous les studios !