L'Amérique redessine la carte : Barrages, Plages et Milliards

Le Plombier de la Maison Blanche et le robinet du Nil

Messieurs dames, bienvenue dans un monde formidable où la diplomatie se règle à coups de tweets et où l'hydrologie s'apprend sur le tas. On ouvre ce journal avec une découverte stupéfiante : le Nil n’a plus d’eau ! C’est en tout cas l’analyse très pointue du professeur Donald Trump, fraîchement rentré de Davos. Selon nos confrères un peu dépassés de The Reporter Ethiopia, le président américain a regardé une carte, a vu le barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) et a conclu avec sa finesse légendaire : « Un barrage a été construit et l'eau ne descend plus vers le Nil ». Apparemment, quand il pense à l'Égypte, il pense au Nil, mais avec de l'eau dedans, ce qui est techniquement mieux pour les poissons,.

Mais attention, le Donald ne fait pas que constater, il revendique ! Dans un élan de générosité factuelle — ou de délire total, selon Egypt Independent — il affirme que les États-Unis ont financé ce barrage. Oui, vous avez bien entendu. Il ne sait pas pourquoi, il ne sait pas quand, mais il a payé !. Une affirmation qui a dû faire s’étouffer de rire (ou de panique) les Éthiopiens, qui pensaient naïvement avoir payé leur propre infrastructure. Pour Trump, c’est simple : puisque l’Amérique a payé, l’Égypte a le droit de faire sauter le barrage, une option diplomatique tout en douceur qu'il avait déjà suggérée lors de son premier mandat. The New Arab nous rappelle qu'il trouve injuste que quelqu'un coupe l'eau qui coule « depuis un million d'années ». C'est vrai ça, qui a donné la permission à la gravité de changer de camp ?

Le Club Med des Dictateurs : Entrée à un milliard

Pendant que l'eau ne coule pas, l'argent, lui, ruisselle. Si l'ONU vous ennuie avec ses droits de l'homme et ses résolutions, Donald a la solution : le « Conseil de la Paix » (Board of Peace). Selon The Reporter Ethiopia, c’est la nouvelle boîte de nuit très sélecte de la géopolitique mondiale. Le concept est révolutionnaire : vous payez un milliard de dollars pour un siège permanent, et Donald Trump préside le tout. C'est un peu comme une réunion de copropriété, mais avec des codes nucléaires.

Et devinez qui a sorti le chéquier — ou plutôt les flatteries — pour en être ? Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ! D’après Yeni Şafak, l’Égypte a chaleureusement accepté l’invitation. Il faut dire que l'ambiance à Davos était électrique : selon The National, Sissi a qualifié Trump de « leader fort » et a pratiquement dit que sans lui, le monde s'arrêterait de tourner. C’est ce qu’on appelle de la diplomatie à genoux. Trump, magnanime, a promis de régler le problème du barrage « une bonne fois pour toutes », probablement en envoyant la facture à l’Éthiopie,.

Gaza : Une opportunité immobilière avec vue sur la mer

Mais le « Conseil de la Paix » ne sert pas qu'à boire du champagne. Il a de grands projets immobiliers ! The Reporter Ethiopia nous apprend que Trump a créé le Comité National pour l'Administration de Gaza. L'objectif ? Reconstruire. Et quand on dit reconstruire, on parle business. Jared Kushner, le gendre idéal, a présenté à Davos un plan de réaménagement de 30 milliards de dollars pour faire de Gaza une station balnéaire.

Selon The National, l’idée est simple : on déplace tout le monde, on met des hôtels de luxe, et hop, le conflit est réglé. C’est la vision Trump : pourquoi faire la guerre quand on peut faire du profit sur le front de mer ? Sissi, toujours très serviable tant qu’on ne lui envoie pas les Palestiniens dans le Sinaï, a remercié Trump d’avoir « arrêté la guerre », une nouvelle qui surprendra sans doute les 70 000 victimes recensées,. Mais ne gâchons pas la fête, l’important c’est que les plans d’architecte soient prêts.

Géographie 2.0 : Le Golfe de Trump et autres emplettes

Pour finir, parce que le monde est trop petit pour son ego, Donald Trump a décidé de renommer les choses. Egypt Independent rapporte qu'il envisage sérieusement de rebaptiser le Golfe du Mexique en « Golfe de Trump ». Après tout, « il n’est pas trop tard », a-t-il précisé. Et pendant qu'il y est, pourquoi ne pas acheter le Groenland ? Hindustan Times confirme qu'il lorgne toujours sur l'île glacée, malgré le fait que le Danemark ne soit pas vendeur.

En résumé, l'Éthiopie achète des Boeing pour se faire pardonner d'avoir une rivière, l'Égypte achète de l'influence en traitant Trump de sauveur, et Trump, lui, est persuadé d'avoir résolu huit guerres et d'avoir éliminé les capacités nucléaires de l'Iran par la seule force de sa pensée. Dormez tranquilles, braves gens, le plombier est aux commandes, et s'il ne peut pas réparer la fuite, il achètera simplement l'océan. À demain, si on ne nous a pas rachetés d'ici là !