Le grand plongeon de Donald : Quand le barrage fait des vagues à Davos

L'art du Deal... aquatique

Mesdames, messieurs, bonsoir et bienvenue dans ce monde merveilleux où la géopolitique se règle un tweet à la fois. Nous ouvrons ce bal diplomatique avec notre envoyé très spécial, Donald J. Trump, qui a décidé que le Moyen-Orient, c'était trop facile, et qu'il était temps de s'attaquer à l'hydrologie africaine. Dans une lettre datée du 16 janvier, le Président Trump a sorti sa plus belle plume — et probablement son plus gros marqueur noir — pour offrir, tenez-vous bien, de reprendre la médiation américaine entre l'Égypte et l'Éthiopie "une bonne fois pour toutes". Parce que pourquoi faire compliqué quand on peut simplement mettre le dossier "tout en haut de son agenda", juste à côté de la paix mondiale et de son score de golf ? Et pour être sûr que tout le monde ait bien reçu le mémo, il a mis le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, en copie conforme, histoire de transformer le Nil en une conversation de groupe WhatsApp géante.

Davos : La montagne magique des remerciements

Pendant ce temps, dans la station de ski préférée des milliardaires, Davos, la rencontre au sommet a eu lieu. Le maréchal Sisi, visiblement soulagé de voir un visage ami, a accueilli l'intérêt de Trump comme on accueille une bouée de sauvetage au milieu du désert, qualifiant la question de l'eau de "question existentielle". L'ambiance était à la camaraderie virile : Sisi a remercié Trump pour son soutien "sur la question de l'eau", tout en lui attribuant carrément l'arrêt de la guerre à Gaza, parce que tant qu'on y est, autant tout mettre sur le compte du Donald,. Trump, jamais avare de modestie, a lancé son "Board of Peace" (Conseil de la Paix), une sorte de club VIP pour dirigeants mondiaux, en assurant que le problème du barrage était "presque réglé" lors de son premier mandat, avant, bien sûr, cette fameuse "élection truquée" de 2020.

Fact-checking ? Connais pas !

Mais attention, c'est ici que la comédie devient tragédie — ou l'inverse. Dans un élan de créativité historique dont lui seul a le secret, Trump a affirmé devant un public médusé que les États-Unis avaient "financé" le barrage éthiopien, ajoutant avec une franchise désarmante : "Je ne sais pas pourquoi nous l'avons payé". Une déclaration fascinante, surtout quand on sait que l'Éthiopie crie sur tous les toits qu'elle a payé ce barrage avec la sueur et l'argent de son propre peuple,. Mais Donald ne s'arrête pas aux détails triviaux comme la réalité ! Dans la même respiration, il a suggéré qu'il n'était "pas trop tard" pour renommer le golfe du Mexique en "Golfe Trump". Après tout, si on peut médiater le Nil, on peut bien rebaptiser un océan.

Addis-Abeba répond : "Pas touche à mon barrage"

Du côté éthiopien, l'enthousiasme est... comment dire... beaucoup plus tempéré. La réponse d'Addis-Abeba ressemble à un "vu et ignoré" diplomatique. Pour l'Éthiopie, le barrage de la Renaissance n'est pas une simple infrastructure, c'est un "symbole national" construit pour sortir 65 millions de citoyens de l'obscurité. Leur message est clair : "Merci Donald, mais non merci". Ils rappellent gentiment que le Nil n'est pas une piscine coloniale et qu'ils ne reconnaissent pas les traités signés à l'époque où les cartes d'Afrique étaient dessinées à la règle à Londres. L'idée est simple : "Solutions africaines aux problèmes africains", ce qui, en langage diplomatique, signifie "Laissez-nous gérer nos turbines tranquilles".

L'Égypte sort la calculatrice et la facture

Pendant que Trump redessine les cartes, Le Caire sort la calculette. Le ministre égyptien de l'Eau, Hany Sewilam, ne rigole plus du tout. Il réclame désormais des "compensations" à l'Éthiopie, affirmant que l'Égypte a été privée de 38 milliards de mètres cubes d'eau,. C'est un changement de ton radical : on est passé de "s'il vous plaît, ne fermez pas le robinet" à "vous nous devez de l'argent pour le service interrompu". Pour l'Égypte, l'eau est une question de survie, pas un luxe, et le pays craint que le barrage ne le laisse à sec,.

Le mot de la fin : Vendre du courant ou se faire électrocuter ?

Pour conclure cette saga fluviale, Donald a une solution simple, comme toujours. Avec "la bonne expertise technique" (la sienne, évidemment), l'Éthiopie pourrait simplement "donner ou vendre" son électricité excédentaire à l'Égypte et au Soudan. Voilà ! C'est aussi simple que de vendre un appartement à Manhattan. Il suffit de brancher la prise, de signer en bas de la page, et d'espérer que personne ne déclenche une "confrontation militaire" que Trump lui-même redoute tout en soufflant sur les braises. Reste à voir si le Nil coulera aussi facilement que l'encre des lettres présidentielles sur Truth Social.